Honduras : le président sortant se déclare vainqueur, son principal opposant officiellement en tête

Honduras, Juan Orlando Hernandez, Salvador Nasralla crédit : AFP / montage Europe 1
Juan Orlando Hernandez et Salvador Nasralla revendiquent tous les deux la victoire © AFP / montage Europe 1
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avec AFP , modifié à
Malgré une élection qui s'est déroulée sans incident, le président sortant a revendiqué la victoire avant les résultats officiels qui placent son opposant Salvador Nasralla en tête.

 

Le candidat de l'opposition de gauche Salvador Nasralla arrivait en tête de l'élection présidentielle au Honduras avec 45,17% des voix, selon les premiers résultats partiels annoncés dans la nuit de dimanche à lundi. Il devance le président sortant Juan Orlando Hernandez, crédité de 40,21% des voix, selon le dépouillement de 57% des votes, a annoncé le Tribunal suprême électoral (TSE), après une longue attente, source de confusion. Un peu plus tôt dans la soirée, les deux adversaires avaient revendiqué la victoire.

Deux candidats revendiquent la victoire. "Le décompte est plus que clair et indiscutable, nous avons gagné cette élection", a déclaré Juan Orlando Hernandez devant les militants du Partido Nacional (PN, droite). Peu après, un de ses principaux opposants, Salvador Nasralla, 64 ans et candidat de l'Alliance de l'opposition contre la Dictature, une coalition de partis de gauche, a lui aussi affirmé être en tête.

Une candidature contestée. La décision de la Cour constitutionnelle d'autoriser la candidature de l'actuel président, Juan Orlando Hernandez, alors que la Constitution interdit toute réélection, est dénoncée par l'opposition. Arrivé au pouvoir en 2013 après une élection contestée par la gauche, Juan Orlando Hernandez, 49 ans, figure parmi les trois candidats, sur neuf, qui ont une chance de l'emporter lors de ce scrutin à un seul tour, selon les derniers sondages.

Outre Salvador Nasralla, journaliste de télévision et novice en politique, Luis Zelaya, 50 ans, du Partido Liberal (PL), l'autre formation de droite du pays, figure aussi dans le trio de tête. Nasralla et Zelaya ont averti qu'ils ne reconnaîtraient pas une réélection du président Hernandez.

Un "processus électoral calme". "Nous avons constaté un processus (électoral) tranquille, l'évaluation que nous faisons jusqu'à présent est positive", a déclaré à des journalistes l'eurodéputée portugaise Marisa Matias, responsable de la mission des observateurs de l'Union européenne (UE). Le Tribunal suprême électoral (TSE), critiqué sur les réseaux sociaux pour son retard dans l'annonce des résultats officiels, assure que ces élections sont "les plus scrutées de l'histoire", avec la présence de 16.000 observateurs, dont 600 venus de l'Union européenne (UE) et d'autres venus notamment de l'Organisation des Etats américains (OEA). 

Dans ce petit pays situé au cœur du "triangle de la mort" de l'Amérique centrale, miné par les gangs et la pauvreté et affichant un des plus forts taux d'homicide au monde, ces tensions risquent de rouvrir les blessures laissées par le coup d'État de 2009. Le président Manuel Zelaya avait alors été chassé du pouvoir par l'armée, soutenue par la droite et par le monde des affaires.

"La démocratie est en danger". L'analyste politique Victor Meza, du Centre de documentation du Honduras, juge qu'"il y a un climat de crispation". "Pour la première fois, ce n'est pas une lutte entre conservateurs et libéraux, mais entre une dictature et la démocratie". "La démocratie est en danger depuis que l'autoritarisme présidentiel a commencé à se renforcer", a-t-il ajouté.