L'Espagne n'a pas encore accepté l'accostage du bateau de croisière frappé par une épidémie d'hantavirus aux îles Canaries, comme l'avait affirmé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) plus tôt dans la journée. Cette dernière soupçonne une "transmission interhumaine" entre les personnes contaminées.
L'Espagne ne prendra "aucune décision" sur l'accostage du navire de croisière frappé par un possible foyer d'hantavirus tant que "les données épidémiologiques" n'auront pas été analysées, a déclaré le ministère espagnol de la Santé, contredisant apparemment l'OMS.
"En fonction des données épidémiologiques qui seront recueillies sur le navire lors de son passage par le Cap-Vert, il sera décidé quelle escale est la plus pertinente. D'ici là, le ministère de la Santé n'adoptera aucune décision, comme nous l'avons fait savoir à l'Organisation mondiale de la santé", a écrit le ministère sur X, peu après que l'OMS a indiqué que l'Espagne avait accepté de recevoir le paquebot aux Canaries.
El Ministerio de Sanidad está haciendo un seguimiento estrecho, junto con la Organización Mundial de la Salud y otros países implicados, de la situación del buque en el que se han detectado casos de infección por hantavirus.
— Ministerio de Sanidad (@sanidadgob) May 5, 2026
Ce n'est "pas un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19"
"Le plan actuel est que le navire poursuive sa route vers les Iles Canaries". Les autorités espagnoles "ont indiqué qu'elles l'accueilleraient afin de mener une enquête complète (...) et, bien sûr, d'évaluer les risques pour les passagers présents à bord", avait d'abord annoncé à la presse à Genève Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
"Le risque pour le grand public est faible. Il ne s'agit pas d'un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19. C'est très différent", avait-elle ajouté.
Soupçon de "transmission interhumaine"
Par ailleurs, l'OMS a indiqué soupçonner qu'il y ait eu une "transmission interhumaine" entre les personnes contaminées à l'hantavirus sur un bateau de croisière néerlandais bloqué au Cap-Vert, ayant fait trois morts.
"Compte tenu de la durée de la période d'incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu'ils ont été infectés en dehors du navire", et "nous pensons qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit", a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
Des démarches pour retrouver les passagers d'un vol Sainte-Hélène/Johannesburg
L'Organisation mondiale de la santé a également affirmé effectuer des démarches pour retrouver les passagers du vol à bord duquel une croisiériste néerlandaise contaminée à l'hantavirus a été évacuée depuis l'île de Sainte-Hélène vers Johannesburg en Afrique du Sud où elle est décédée à l'hôpital.
Cette Néerlandaise de 69 ans, dont le mari de 70 ans est décédé à bord du bateau, avait été débarquée à Sainte-Hélène le 24 avril "avec des symptômes gastro-intestinaux" pour ensuite embarquer le lendemain pour Johannesburg, indique l'OMS. Elle est décédée le 26 avril et son infection à l'hantavirus a pu être confirmée lundi. "Des recherches ont été lancées pour retrouver les passagers de ce vol", a ajouté l'organisation dans un communiqué.