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Possible foyer d'hantavirus sur une croisière : trois morts, refus de débarquement... Ce que l'on sait de la situation

Ce navire de croisière, MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert. [AFP]

Une épidémie d'hantavirus, maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, se serait déclenchée sur un bateau de croisière dans l'océan Atlantique, causant la mort d'au moins trois personnes. Les passagers du navire n'ont pas été autorisés à débarquer ce lundi au Cap-Vert.

Un bateau de croisière qui navigue dans l'océan Atlantique est en proie à un possible foyer d'infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Ce navire, le MV Hondius, devait relier Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert. Il accueille 149 personnes de 23 nationalités différentes, indique l'opérateur ce lundi.

Sur les six personnes affectées, trois ont trouvé la mort

Pour le moment, six personnes ont été affectées, et trois d'entre elles ont trouvé la mort. "Un cas d'infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire, et cinq autres cas sont suspectés. Sur les six personnes affectées, trois sont décédées et une se trouve actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud", a précisé dimanche l'Organisation mondiale de la santé à l'AFP.

Les hantavirus se transmettent à l'être humain par l'intermédiaire de rongeurs sauvages infectés, tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l'urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l'inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection. Il existe de nombreux types d'hantavirus dans le monde.

Un homme en soins intensifs en Afrique du Sud

C'est un croisiériste de 70 ans qui a le premier présenté des symptômes. Il est décédé à bord du navire et son corps se trouve actuellement sur l'île de Sainte-Hélène, territoire britannique dans l'océan Atlantique sud, selon un porte-parole sud-africain du ministère de la Santé, Foster Mohale.

Son épouse, âgée de 69 ans, est également tombée malade à bord du navire et a été évacuée vers l'Afrique du Sud : elle y est décédée à une date indéterminée dans un hôpital de Johannesburg, a précisé la même source, qui n'a pas été en mesure de préciser la nationalité des victimes. Une source proche du dossier affirme auprès de l'AFP qu'il s'agirait d'un couple de Néerlandais.

La troisième victime se trouverait elle toujours à bord du navire. Le passager actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud est un ressortissant britannique de 69 ans, hospitalisé à Johannesburg, a précisé le porte-parole sud-africain. Deux autres "ont besoin de soins médicaux urgents", a précisé l'opérateur.

"L'OMS organise l'évacuation médicale de deux passagers présentant des symptômes, procède à une évaluation complète des risques et apporte son soutien aux personnes concernées à bord", a déclaré dimanche soir le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X. "Une action rapide et coordonnée est essentielle pour limiter les risques et protéger la santé publique", a-t-il relevé.

Le navire pas autorisé à débarquer au Cap-Vert

Dimanche, le bateau se trouvait juste en face du port de Praia, la capitale du Cap-Vert. Cependant, les autorités sanitaires du pays ne l'ont pas autorisé à accoster et à débarquer les passagers.

"En coordination avec d'autres autorités également compétentes, l'autorisation d'accoster au port de Praia n'a pas été accordée au navire", a déclaré la présidente de l'Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, dimanche dans la soirée sur la radio publique Radio de Cabo Verde.

"L'équipe médicale s'est déjà rendue à bord, où elle a effectué l'évaluation des deux personnes infectées avec les équipements de protection individuelle adéquats", a également indiqué Maria da Luz Lima. Une seconde intervention sur le navire s'est déroulée "pour commencer le traitement de certains de ceux qui avaient besoin d'une prise en charge, disons, d'ordre clinique", a-t-elle précisé. D'après l'opérateur, les Canaries sont "envisagées" pour procéder à un débarquement du navire.

Un "faible risque" de propagation

L'épisode présente un "faible risque" de propagation, a estimé lundi le directeur régional de l'OMS Europe. "Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage", a jugé Hans Kluge.

Il a souligné que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l'exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient "pas facilement entre personnes". Hans Kluge a ajouté que l'OMS Europe collaborait avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l'évacuation et les investigations.