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Hantavirus : accueillir le MV Hondius aux Canaries est «un devoir moral», selon Pedro Sánchez

Le bateau de croisière MV Hondius, où plusieurs cas présentant des symptômes de l'hantavirus ont été détectés.
Le bateau de croisière MV Hondius, où plusieurs cas présentant des symptômes de l'hantavirus ont été détectés. [AFP]

Six cas d'hantavirus ont été recensés et confirmés à ce jour parmi les huit cas suspects, après l'apparition d'un foyer à bord d'un bateau de croisière dans l'Atlantique. Face à cette situation, l'Espagne a accepté d'accueillir le navire pour procéder aux rapatriements des passagers, un "devoir moral", selon Pedro Sánchez. 

À ce jour, six cas d'hantavirus ont été confirmés parmi huit cas suspects signalés après l'apparition d'un foyer à bord d'un bateau de croisière dans l'Atlantique, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Au 8 mai, huit cas au total, dont trois décès (taux de létalité de 38 %), ont été signalés. Six cas ont été confirmés en laboratoire comme étant des infections à hantavirus, tous identifiés comme étant dus au virus des Andes", connu comme transmissible entre humains, a indiqué l'OMS dans son dernier bulletin épidémiologique, précisant que les deux autres cas sont considérés comme "probables".

Mais accueillir aux Canaries le navire de croisière est "un devoir moral", a indiqué samedi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à l'issue de son entretien à Madrid avec le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Accéder à la demande de l'OMS et offrir un port sûr est un devoir moral et juridique envers nos concitoyens, l'Europe et le droit international", a écrit le dirigeant socialiste sur le réseau social X. "L'Espagne sera toujours aux côtés de celles et ceux qui ont besoin d'aide", a-t-il assuré dans son premier commentaire public sur la crise.

Quatre patients hospitalisés

À ce jour, a ajouté l'organisation, quatre patients sont actuellement hospitalisés : "un en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, deux dans différents hôpitaux aux Pays-Bas et un autre à Zurich, en Suisse". L'OMS a précisé que la personne prise en charge à l'hôpital de Düsseldorf (Allemagne) avait été testée négative et n'est "donc plus considérée comme un cas".

Le navire MV Hondius est au centre d'une alerte sanitaire internationale depuis le weekend, même si l'OMS, au coeur de la réponse internationale coordonnée, se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique. Ce virus rare est considéré comme étant moins contagieux que le Covid-19.

Le bateau, en route vers Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, doit y arriver dimanche à la mi-journée, selon le site de suivi maritime Marine Traffic, avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine. 

"Le risque est jugé modéré"

"Le risque pour les passagers et l'équipage du navire est jugé modéré", a ajouté l'OMS vendredi soir, alors que selon le croisiériste Oceanwide Expeditions "plus aucune personne n'a de symptômes à bord" parmi les quelque 150 passagers.

L'origine du foyer est encore inconnue mais, selon l'agence sanitaire de l'ONU, la première contamination a eu lieu avant le début de l'expédition le 1er avril car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril. Or, la période d'incubation du virus est comprise entre une et six semaines.

Des inquiétudes portent aussi sur le cas de l'île de Sainte-Hélène, où 29 passagers ont quitté le navire le 24 avril, selon le croisiériste.

Des cas possibles sur l'île de Sainte-Hélène

"La recherche des contacts parmi les passagers ayant débarqué à Sainte-Hélène se poursuit ; les passagers ont été contactés et invités à surveiller l'apparition de symptômes. Par ailleurs, les passagers ayant voyagé sur le même vol entre Sainte-Hélène et l'Afrique du Sud qu'un des cas confirmés par la suite ont été contactés", a ajouté l'OMS.

"Des enquêtes supplémentaires sur l'exposition potentielle du premier cas et la source de l'épidémie sont en cours, en collaboration avec les autorités argentines et chiliennes", a encore détaillé l'OMS. 

L'hantavirus, principalement transmis à l'être humain par des rongeurs infectés, est endémique dans certaines régions d'Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années. Il peut entraîner des syndromes respiratoires graves. 

Une vingtaine de Britanniques qui se trouvent sur le navire de croisière où a été détecté un foyer d'hantavirus seront évacués dimanche vers un hôpital près de Liverpool en Angleterre pour une "période d'isolement", a indiqué à l'AFP la direction du NHS, le système public de santé.

Ces personnes seront accueillies à l'Arrowe Park Hospital, à Upton, "pour leur fournir un lieu sûr pour leur période d'isolement", ont indiqué des responsables locaux du NHS, dans un courrier envoyé à leurs employés.