Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir au 506e jour de l'invasion russe

Vladimir Poutine a révélé les premiers détails de sa rencontre avec Evgnéni Prigojine, quelques jours après la mutinerie avortée du groupe Wagner.
Vladimir Poutine a révélé les premiers détails de sa rencontre avec Evgnéni Prigojine, quelques jours après la mutinerie avortée du groupe Wagner. © Pavel BEDNYAKOV / SPUTNIK / AFP
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avec AFP / Crédit photo : Pavel BEDNYAKOV / SPUTNIK / AFP , modifié à
Au 506e jour de la guerre en Ukraine, Wagner ne participerait plus "de manière significative" aux combats, selon le Pentagone. Dans une interview, Vladimir Poutine a dévoilé les premiers détails de sa rencontre avec Evguéni Prigojine, après la mutinerie avortée du groupe paramilitaire. Kiev assure aussi avoir repoussé une nouvelle attaque nocturne de drones russes.
L'ESSENTIEL

Les mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner ne participent plus "de manière significative", selon le Pentagone, aux opérations de combat en Ukraine, qui assure vendredi avoir repoussé une nouvelle attaque nocturne de drones lancés par la Russie. "A ce stade, nous ne voyons pas les forces de Wagner participer de manière significative aux opérations de combat en Ukraine", a fait savoir le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder, lors d'une conférence de presse.

Les informations à retenir :

  • Selon le Pentagone, Wagner ne participe plus "de manière significative" à la guerre en Ukraine.
  • L'Ukraine assure avoir repoussé une nouvelle attaque nocturne de drones lancée par la Russie.
  • Les premiers détails de la rencontre entre Evguéni Prigojine et le président russe, survenue le 29 juin au Kremlin, ont été dévoilés par Vladimir Poutine dans une interview.
  • L'armée ukrainienne a progressé de près de 2 kilomètres dans le cadre de sa contre-offensive.
  • Le Kremlin a dit vendredi envisager la légalisation des sociétés militaires privées, notamment le groupe Wagner.
  • Le chancelier allemand Olaf Scholz a promis vendredi à l'Ukraine un soutien militaire d'un montant d'environ 17 milliards d'euros jusqu'en 2027.

La contre-offensive de Kiev "n'avance pas si vite", admet la présidence ukrainienne

La contre-offensive de Kiev confrontée à la résistance des forces russes "n'avance pas si vite", a admis vendredi le chef de la présidence ukranienne Andriï Iermak. "Aujourd'hui, elle n'avance pas si vite", a déclaré Iermak à un petit groupe de médias, dont l'AFP, tout en assurant que ses alliés occidentaux ne mettaient pas la pression sur Kiev à ce sujet.

Pas de négociation avec Moscou avant le départ des troupes russes

L'Ukraine ne négociera pas avec la Russie tant que les troupes de Moscou seront sur le territoire ukrainien, a affirmé vendredi le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak. "Même penser à ces négociations n'est possible qu'après que les troupes russes quittent notre territoire", a déclaré Andriï Iermak à un petit groupe de médias, dont l'AFP. "Tout le monde comprend que nous n'allons pas parler aux Russes" avant cela, a-t-il ajouté.

Les combattants de Wagner ont commencé à travailler comme "instructeurs" en Biélorussie, selon Minsk

Les combattants du groupe paramilitaire Wagner ont commencé à travailler comme "instructeurs" pour les forces de défense territoriale du Bélarus, a annoncé Minsk vendredi, trois semaines après la rébellion avortée de Wagner en Russie. "Des sessions d'entraînement avec des unités des troupes territoriales se déroulent près d'Assipovitchi", dans l'est du pays, a indiqué le ministère bélarusse de la Défense: "Les combattants de Wagner jouent le rôle d'instructeurs dans un certain nombre de disciplines militaires".

Berlin promet un soutien militaire à long terme à Kiev de 17 milliards d'euros

Le chancelier allemand Olaf Scholz a promis vendredi à l'Ukraine un soutien militaire d'un montant d'environ 17 milliards d'euros jusqu'en 2027 pour l'aider à repousser l'invasion russe. Après les Etats-Unis, l'Allemagne est le deuxième contributeur en matière d'aide militaire pour l'Ukraine, a rappelé le dirigeant allemand, lors de sa traditionnelle conférence de presse d'été à Berlin. "Nous avons calculé que, depuis le début de la guerre (en février 2022) et jusqu'en 2027, ce seront probablement 17 milliards d'euros que nous dépenserons pour des livraisons d'armes à l'Ukraine provenant d'Allemagne ou financées par l'Allemagne", a déclaré Olaf Scholz.

Dans un document du gouvernement allemand publié mercredi sur son site internet, les aides militaires à l'Ukraine se décomposent de la façon suivante: 2 milliards d'euros en 2022, environ 5,4 milliards d'euros cette année et environ 10,5 milliards d'euros jusqu'en 2027. Ce soutien provient de stocks de l'armée allemande mais aussi de matériels livrés par les industriels, parfois en coopération avec d'autres partenaires.

L'Ukraine dit avoir progressé de près de 2 km en une semaine vers le sud

L'armée ukrainienne a progressé dans le cadre de sa contre-offensive de 1,7 kilomètre en une semaine en direction de Melitopol, dans la zone sud du front, a annoncé vendredi un porte-parole militaire.

Les forces armées ukrainiennes "continuent de mener des opérations offensives" en direction de Melitopol, une importante ville ukrainienne sous contrôle de la Russie, et "les brigades d'assaut appuyées par des chars ont avancé de 1,7 km" en une semaine dans cette zone, a précisé lors d'un briefing ce porte-parole, le colonel Mykola Ourchalovitch.

Le Kremlin dit envisager une légalisation des sociétés militaires privées

Le Kremlin a dit vendredi envisager la légalisation des sociétés militaires privées, notamment le groupe Wagner, dont l'existence n'est actuellement toujours pas autorisée par la loi russe malgré leur implication dans le conflit en Ukraine. "Juridiquement, la compagnie militaire privée Wagner n'existe pas et n'a jamais existé, c'est une question à étudier, à examiner davantage", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Selon M. Peskov, c'est "une question assez complexe, concernant le statut juridique de telles compagnies, et qui doit être étudiée". Ces déclarations du porte-parole de la présidence russe font suite à un message similaire la veille de Vladimir Poutine, dans une interview au journal Kommersant. "Le groupe (Wagner) est là, mais il n'existe pas juridiquement! (...) C'est une autre question liée à (leur) légalisation effective. Une question qui doit être évoquée à la Douma (chambre basse du Parlement), au sein du gouvernement", a affirmé Vladimir Poutine.

Le 27 juin, le président russe a affirmé que le groupe Wagner avait reçu près d'un milliard d'euros de l'Etat durant l'année écoulée, malgré son absence de statut juridique. Pendant des années, le Kremlin et le chef de Wagner, Evguéni Prigojine, ont nié l'existence de ce groupe paramilitaire, chargé de mener dans l'ombre des missions militaires et des opérations d'influence pour le compte de Moscou.

En septembre 2022, Evguéni Prigojine a finalement reconnu être le chef de Wagner, qui a participé pleinement aux combats contre l'armée ukrainienne et notamment capturé la ville de Bakhmout, après des mois de combats acharnés. D'autres groupes militaires privés russes, certains liées à des grandes entreprises ou au ministère de la Défense, ont depuis révélé leur existence.

Les forces de Wagner toujours en Ukraine ?

Les États-Unis estiment que "la majorité" des combattants de Wagner sont toujours dans des zones ukrainiennes occupées par la Russie, a-t-il précisé. Sur le terrain, la Russie a "attaqué l'Ukraine avec 17 drones de combat de fabrication iranienne Shahed 136/131 depuis le sud-est", a indiqué l'armée ukrainienne sur Telegram, assurant en avoir détruit 16. L'annonce du Pentagone survient quinze jours après que le groupe Wagner, qui a joué un rôle clé dans l'offensive de Moscou en Ukraine, a cherché à renverser la direction militaire russe lors d'une révolte éclair.

Evguéni Prigojine, patron du groupe, avait assuré que son soulèvement ne visait pas à renverser le pouvoir, mais à sauver Wagner d'un démantèlement par l'état-major russe, qu'il accuse d'incompétence dans le conflit en Ukraine débuté en février 2022. Les premiers détails de la rencontre entre Evguéni Prigojine et le président russe, survenue le 29 juin au Kremlin, ont été dévoilés par Vladimir Poutine dans une interview publiée jeudi soir par le journal russe Kommersant.

Nouveau commandant refusé par Wagner

Vladimir Poutine a ainsi affirmé qu'il avait proposé aux hommes de Wagner de servir sous le commandement officiel d'une autre personne, mais que Evguéni Prigojine a refusé cette offre. Les soldats de Wagner "auraient pu être réunis dans un seul endroit et continuer à servir. Pour eux, rien n'aurait changé, ils auraient été dirigés par la personne qui était leur véritable commandant pendant toute cette période", a affirmé le maître du Kremlin.

Le journal précise que la personne évoquée par le président russe est un commandant de Wagner ayant pour pseudo "Sedoï" (Cheveux gris) et qui aurait, selon Vladimir Poutine, réellement dirigé les paramilitaires sur le front ukrainien lors des 16 derniers mois. "Beaucoup (de commandants de Wagner) ont acquiescé de la tête quand j'ai dit ça. Mais (Evguéni) Prigojine, qui était assis devant, ne l'a pas vu et a dit après avoir écouté 'Non, les gars ne sont pas d'accord avec cette solution'", a assuré Vladimir Poutine.

Dans cette même interview, le chef d'État russe a également pointé l'absence de statut juridique officiel du groupe Wagner en Russie, où les sociétés militaires privées ne sont pas autorisées par la loi. "Le groupe (Wagner) est là, mais il n'existe pas juridiquement ! (...) C'est une autre question liée à (leur) légalisation effective. Une question qui doit être évoquée à la Douma (chambre basse du Parlement), au sein du gouvernement", a affirmé Vladimir Poutine.

La rébellion de Wagner a ébranlé le pouvoir russe, en plein conflit en Ukraine. La mutinerie de Wagner a pris fin le 24 juin au soir avec un accord prévoyant le départ au Bélarus d'Evguéni Prigojine, tandis que ses combattants pouvaient l'y rejoindre, entrer dans l'armée russe régulière ou retourner à la vie civile.

Mercredi, l'armée russe a annoncé avoir reçu de la part du groupe Wagner plus de 2.000 pièces d'équipement militaire, 2.500 tonnes de munitions et 20.000 armes légères. Evguéni Prigojine, avait accepté de remettre aux troupes régulières russes les armements de ses hommes après l'abandon de sa rébellion.

Depuis l'échec de cette rébellion, des rumeurs, non confirmées dans le contexte de l'opacité du pouvoir russe, font également état de remaniements au sein du commandement militaire, en particulier concernant le général Sergueï Sourovikine, qui a longtemps été un allié de Wagner.