Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir au 457e jour de l'invasion russe

La ville de Dnipro a été la cible de tirs russes
La ville de Dnipro a été la cible de tirs russes © Seth Herald / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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avec AFP / Crédit photo : Seth Herald / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP , modifié à
Au 457e jour de l'invasion russe, au moins deux personnes ont été tuées et 23 autres blessées dans une frappe russe qui a touché vendredi une clinique à Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine, a annoncé le président Volodymyr Zelensky qui dénonce "un nouveau crime contre l'humanité". Europe 1 fait le point sur la situation.
L'ESSENTIEL

L'Ukraine a de nouveau été visée vendredi par des salves de missiles russes, avec notamment une clinique touchée à Dnipro où au moins deux personnes ont été tuées, une frappe dénoncée par le président Volodymyr Zelensky comme un "crime contre l'humanité". La Russie a elle rapporté pour la cinquième journée consécutive des bombardements ukrainiens sur la région russe frontalière de Belgorod, déjà visée en début de semaine au cours d'une incursion de combattants armés venus d'Ukraine, ainsi qu'une frappe de drones à Krasnodar, à 200 km de la Crimée. "Il y a 23 blessés à Dnipro", a indiqué le gouverneur Serguiï Lyssak, précisant que deux hommes avaient également été tués.

Les principales informations :

- Deux personnes tuées dans une salve de missiles russes sur une clinique de Dnipro

- Nouvelle attaque aérienne sur Kiev

- L'armée russe confirme avoir mené des frappes nocturnes sur l'Ukraine

- Le gouvernement allemand a demandé à l'émissaire chinois Li Hui de "faire pression" sur la Russie pour qu'elle retire ses troupes d'Ukraine

- Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dit vendredi voir de "sérieux obstacles" à la recherche d'une solution pacifique en Ukraine, en recevant l'émissaire chinois Li Hui à Moscou

"Un nouveau crime contre l'humanité", dénonce Zelensky

Le président ukrainien a publié des images sur lesquelles on peut voir des bâtiments fortement endommagés et surmontés de panaches de fumée noire. D'autres vidéos montrent des sauveteurs aidant des personnes avec du sang sur le visage à s'échapper de la clinique à travers des couloirs pleins de décombres. "Une nouvelle attaque de missiles russes, un nouveau crime contre l'humanité", a dénoncé Volodymyr Zelensky. Selon la première dame Olena Zelenska, il s'agissait d'une clinique de soins psychiatriques. Selon le gouverneur Serguiï Lyssak sa région a été "massivement attaquée" pendant la nuit "avec des missiles et des drones".

La municipalité de Kiev a elle aussi rapporté au cours de la nuit la 13e attaque aérienne russe sur la capitale depuis début mai, avec cette fois-ci des missiles de croisière lancés par des bombardiers stratégiques Tu-95MS depuis la région de la mer Caspienne. "Selon des informations préliminaires, toutes les cibles ennemies dans l'espace aérien de Kiev ont été détectées et détruites", a-t-elle ajouté.

Sur l'ensemble du territoire, l'état-major ukrainien a fait état de 55 attaques aériennes russes, dont l'un a notamment endommagé un barrage dans la région orientale de Donetsk, faisant courir "un grand danger d'inondation" de la zone.

La Russie voit de "sérieux obstacles" à la paix en Ukraine, dit Lavrov à l'émissaire chinois

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dit vendredi voir de "sérieux obstacles" à la recherche d'une solution pacifique en Ukraine, en recevant l'émissaire chinois Li Hui à Moscou. Lors de leur entretien, "le ministre russe des Affaires étrangères a réaffirmé l'engagement de Moscou en faveur d'une résolution politico-diplomatique du conflit, notant les sérieux obstacles créés par l'Ukraine et ses soutiens occidentaux à la reprise des pourparlers de paix", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. "Sergueï Lavrov a exprimé sa gratitude à la Chine pour sa position équilibrée à l'égard de la crise ukrainienne et a signifié sa haute appréciation de la volonté de Pékin de jouer un rôle positif dans son règlement", a-t-elle ajouté.

Un message similaire a été transmis par le président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien téléphonique avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva vendredi. Le président russe, "a confirmé que la partie russe était ouverte au dialogue politique et diplomatique, lequel est toujours entravé par Kiev et ses soutiens occidentaux", a indiqué le Kremlin dans un communiqué. Li Hui, ancien ambassadeur chinois à Moscou, a été envoyé par Pékin pour discuter d'un règlement politique du conflit en Ukraine. Il effectue une tournée en Europe depuis une semaine. Lors de sa visite à Kiev plus tôt en mai, Li Hui s'était entretenu avec le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. Ce dernier avait alors insisté sur "le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

A Berlin, le gouvernement allemand a demandé à Li Hui de "faire pression" sur la Russie pour qu'elle retire ses troupes d'Ukraine. La Russie et la Chine entretiennent des relations étroites qui se sont renforcées sur les plans économique et diplomatique depuis le déclenchement le 24 février 2022 de l'offensive russe en Ukraine et la pluie de sanctions occidentales qui a frappé l'économie russe. Pékin n'a jamais condamné publiquement l'assaut russe et le président chinois Xi Jinping s'est rendu en mars à Moscou où il a apporté un soutien marqué à son homologue russe Vladimir Poutine.

Berlin demande à la Chine de faire pression sur Moscou pour retirer ses troupes d'Ukraine

Le gouvernement allemand a demandé à l'émissaire chinois Li Hui de "faire pression" sur la Russie pour qu'elle retire ses troupes d'Ukraine, a indiqué vendredi un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. L'émissaire chinois, qui effectue une tournée européenne d'une semaine et est attendu vendredi à Moscou, a été reçu mercredi à Berlin par le secrétaire d'Etat Andreas Michaelis. "L'échange sur la guerre d'agression russe contre l'Ukraine a été au centre de cet entretien intensif", a indiqué un porte-parole du ministère, Christian Wagner, lors d'une conférence de presse régulière. "La Chine, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, a la responsabilité particulière de jouer un rôle constructif en faveur de la paix et de la sécurité dans le monde", a estimé ce porte-parole, rappelant que Berlin "soutiendrait l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire" face à Moscou. "L'Allemagne a également demandé à la Chine de faire pression sur la Russie pour qu'elle cesse immédiatement son attaque et se retire complètement d'Ukraine", a enchaîné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Selon lui, "la Chine devrait aussi user de son influence sur la Russie pour mettre un terme à sa rhétorique nucléaire irresponsable et empêcher toute escalade". "Le secrétaire d'Etat a exprimé l'attente que la Chine désigne et condamne clairement l'agression de la Russie et s'abstienne de la soutenir par (des livraisons d')armes", a dit Christian Wagner. "Les deux parties ont convenu de poursuivre l'échange sur la guerre d'agression russe contre l'Ukraine", a-t-il conclu.

Li Hui, qui fut ambassadeur de Chine dans la capitale russe, effectue une tournée en Europe depuis une semaine. Il a passé deux jours à Kiev, un jour en Pologne et était mardi en France. La Russie et la Chine entretiennent des relations étroites qui se sont renforcées sur les plans économique et diplomatique depuis le déclenchement le 24 février 2022 de l'offensive russe en Ukraine et la pluie de sanctions occidentales ayant frappé l'économie russe. Pékin a aussi mis un point d'honneur à ne pas condamner l'assaut des Russes contre leurs voisins ukrainiens.

Des frappes nocturnes russes sur l'Ukraine

L'armée russe a confirmé avoir mené des frappes nocturnes sur l'Ukraine, assurant avoir visé des "sites de stockage de munitions" et avoir "touché tous les sites désignés". Moscou a aussi fait état de bombardements ukrainiens sur une région russe frontalière, pour la cinquième journée consécutive. La région de Belgorod a ainsi subi des dizaines de tirs d'artillerie lors des dernières 24 heures, selon le gouverneur Viatcheslav Gladkov, ce qui a entraîné des dégâts matériels sans faire de victimes.

Ces tirs ont notamment visé le village de Kozinka, dans le district de Graïvoron, où avait eu lieu en début de semaine une incursion de combattants armés venus d'Ukraine. Le village a été touché par 132 obus, selon le gouverneur. Le district Belgorodski, qui entoure la capitale régionale Belgorod, a été frappé par 14 tirs, notamment de drones, dont l'un a lâché une bombe sur un bâtiment administratif, endommageant sa toiture et faisant exploser les vitres. A Krasnodar, ville de plus d'un million d'habitants dans le Sud de la Russie, des bâtiments ont été endommagés par la frappe de deux drones, qui n'ont pas fait de victimes.

La région frontalière de Belgorod attaquée lundi

Ces bombardements se déroulent alors que l'Ukraine dit préparer depuis des mois une contre-offensive d'ampleur destinée à repousser les troupes russes, après avoir reçu de multiples livraisons d'armes occidentales. Dans ce contexte, la diplomatie russe a "vivement protesté" auprès de l'ambassade des Etats-Unis contre des "déclarations inacceptables" du conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, qu'elle a accusé d'"approuver" les frappes ukrainiennes contre le territoire russe.

Lundi, deux groupes armés combattant pour l'Ukraine et se disant russes ont attaqué la région frontalière de Belgorod, la plus grave incursion de ce type depuis le début de la guerre. Si l'armée russe a assuré avoir tué près de 70 "terroristes ukrainiens" à l'aide de l'artillerie et de l'aviation, les deux groupes, dont des membres sont liés à l'extrême droite russe, n'ont fait état que de deux morts et dix blessés dans leurs rangs.

Des armes nucléaires en Biélorussie ?

Autre source de tensions, le Bélarus, allié de Moscou, a affirmé jeudi soir que la Russie avait commencé à déployer des armes nucléaires sur son territoire, conformément à une annonce faite en mars par Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'a pas confirmé ces informations vendredi, se contentant de souligner que le Bélarus "est confronté à des attitudes inamicales, voire hostiles, de la part de pays voisins".

"Il faut donc continuer à développer et à renforcer nos relations avec nos alliés (...) y compris dans le domaine militaire", a-t-il ajouté.