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Guerre au Moyen-Orient : la Chine, ce soutien discret de l’Iran

Pékin cherche ainsi à préserver ses intérêts à la fois auprès de l’Iran et dans ses relations avec les États-Unis. [Ding Haitao / XINHUA / Xinhua via AFP]

Alors que le conflit avec les États-Unis se poursuit, l’Iran peut compter sur le soutien de la Chine. Pékin défend publiquement les "intérêts légitimes" de Téhéran et appelle au dialogue, mais son soutien serait aussi beaucoup plus discret.

Une épaule sur qui s'appuyer en cas de besoin. L’Iran peut compter sur le soutien de la Chine, qui s’est dite prête, la semaine dernière, à défendre les "intérêts légitimes" de Téhéran, tout en appelant au dialogue avec les États-Unis et à de bonnes relations qui se traduisent notamment par des échanges économiques.

Mais Téhéran peut aussi compter sur un soutien beaucoup plus discret de la part de Pékin, un soutien militaire, avec notamment des échanges de renseignements.

En témoignent des images satellites d’une base militaire en Jordanie, qui auraient été transmises la semaine dernière par des entités chinoises à l’Iran. Les États-Unis accusent également la Chine d’un transfert massif de technologies vers Téhéran à savoir des composants électroniques essentiels à la fabrication des drones et des missiles iraniens, des systèmes de guidage GPS ou encore des équipements de surveillance.

Un commerce qui serait en partie dissimulé par Pékin. Selon le New York Times, la Chine aurait mis en place un vaste système de transit international destiné à brouiller l’origine de certaines de ces cargaisons et à permettre leur acheminement vers l’Iran malgré les sanctions.

Soutenir par intérêts ? 

Pour François Godement, conseiller spécial à l’Institut Montaigne, le conflit peut en partie servir les intérêts chinois. "Une guerre d’usure qui convient parfaitement aux intérêts chinois et l’occupe sur le terrain de l’armée américaine", explique-t-il. Selon cette analyse, le conflit permettrait notamment de détourner une partie des efforts militaires américains qui pourraient être déployés pour contenir la Chine en Asie.

La Chine joue donc sur un double tableau. Pékin participe indirectement à l’effort de guerre iranien, tout en appelant publiquement à l’apaisement. La Chine se place même comme un arbitre discret au Moyen-Orient.

Une position diplomatique ambiguë, alors que Pékin a également tout intérêt à un déblocage rapide du détroit d’Ormuz. La Chine est en effet le premier importateur mondial de pétrole brut et dépend fortement de la stabilité des routes maritimes pour assurer ses approvisionnements énergétiques.