Alors que le prix du gazole a atteint un nouveau record en France, l'instabilité règne toujours au Moyen-Orient. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews, Gilles Kepel, spécialiste du monde musulman et de l’islam en France, assure que la Chine "met la pression sur l'Iran" pour une meilleure exportation du pétrole.
La situation au Moyen-Orient ne cesse d'avoir des conséquences néfastes à travers le monde. Sept mois après les premiers bombardements israélo-américains sur l'Iran, le détroit d'Ormuz est toujours partiellement bloqué et les Houthis du Yémen ont réussi à prendre le contrôle de Bab el-Mandeb. Résultat, les prix du carburant ont explosé à nouveau, le gazole ayant atteint son record dans les stations-services françaises depuis ce dimanche 20 septembre.
Pour Gilles Kepel, spécialiste du monde musulman et auteur de Pèlerinage français - Comprendre les failles de notre identité (Albin Michel), il se produit un événement "effectivement décisif" dans la région, a-t-il confirmé dans Le Grand Rendez-vous Europe 1-CNews.
"On s'attendait à un effondrement complet de l'économie"
"Les flux du pétrole et du gaz dans le monde commencent à être significativement bloqués. Mais ce qui est paradoxal, c'est que les Chinois, qui sont les soutiens des Iraniens en grande partie, commencent à s'énerver. Tout simplement parce que l'essentiel du pétrole qui traverse le détroit d'Ormuz et celui de Bab el-Mandeb vont en Chine", a-t-il expliqué.
L'ancien universitaire assure ainsi que "la Chine commence aujourd'hui à faire une très forte pression sur ses alliés iraniens en leur disant : 'il faut laisser passer (le pétrole) un peu mieux".
Gilles Kepel a également tenu à nuancer la situation économique internationale : "On s'attendait à un effondrement complet de l'économie. Or, en réalité, c'est beaucoup plus phasé que ce que les banques prédisaient." Il avance que la "baisse de la consommation" et la production de pétrole "ailleurs" permettent de "compenser cette chute d'approvisionnement.