Donald Trump affirme que l’Iran est prêt à céder son uranium enrichi, tandis qu’un cessez-le-feu de dix jours est annoncé au Liban. Malgré ces avancées, les négociations restent incertaines et les tensions persistent, sur fond de menaces militaires et de blocage du détroit d’Ormuz.
Donald Trump a assuré jeudi que l’Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, l’une de ses exigences pour un accord avec Téhéran, et a annoncé un cessez-le-feu sur le front libanais du conflit.
"De très bonnes chances que nous parvenions à un accord"
"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, utilisant le terme qu’il emploie pour désigner les stocks d’uranium enrichi, en ajoutant : "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord."
"Nous devions nous assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire (...) Ils ont pleinement accepté cela. Ils ont accepté presque tout, alors peut-être que s'ils parviennent à s'asseoir à la table des négociations, cela fera une différence", a poursuivi le dirigeant républicain.
Interrogé pour savoir s'il se rendrait au Pakistan en cas d'accord, Donald Trump a répondu: "Le Pakistan a été formidable. Je pourrais y aller, oui. Si l'accord est signé à Islamabad, je pourrais y aller".
La République islamique n’a pas confirmé l'information
La République islamique n’a pas confirmé cette information dans l’immédiat, alors que des tractations sont toujours en cours, sous l’égide du Pakistan, afin d’organiser une deuxième session de négociations, après l’échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.
Donald Trump a remporté jeudi un succès diplomatique sur le front du Liban, en annonçant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun étaient d’accord pour un cessez-le-feu d’une durée de dix jours à partir de 21h00 GMT, incluant le Hezbollah.
L’influent chef de l’armée pakistanaise Asim Munir était pour sa part en Iran jeudi pour rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.
Alors que le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et secoue l’économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.
Pour l’heure, l’Iran verrouille toujours le détroit d’Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens. "Si l’Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé Pete Hegseth.
"Pas de date"
L’Iran a de son côté menacé de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.
L’ambassadeur iranien à l’ONU a déclaré que Téhéran était "prudemment optimiste" quant à ses négociations visant à mettre fin aux hostilités avec les États-Unis, tout en exprimant l’espoir d’un "résultat significatif".
Jeudi, Israël a encore menacé l’Iran de frappes "encore plus douloureuses" s’il refusait de se plier aux demandes des États-Unis, notamment sur l’armement nucléaire.
Il n’y a en tout cas pour l’instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué à la presse le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.
À Washington, la Chambre des représentants a de nouveau rejeté jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient restreindre les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l’Iran et le forcer à obtenir l’aval du Congrès pour poursuivre les hostilités.
La présidence de la République française a annoncé jeudi soir qu’une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visioconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, pour mettre en place une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz quand les conditions le permettront.