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Groenland, Iran… Qu’est-ce que le «Shock and Awe», cette stratégie utilisée par Donald Trump dans ses négociations ?

Alexandre Del Valle explique dans Europe 1 Matin Week-end la stratégie du "Shock and Awe" utilisée par Donald Trump lors de ses négociations. Le politologue explique comment cette stratégie permet au président des États-Unis de commencer une discussion en position de force.

Frapper fort immédiatement pour avoir un avantage lors d'une négociation à venir. Voici en quelque sorte la méthode Trump. "L'idée c'est de toujours commencer par sidérer l'adversaire ou l'interlocuteur par cette fameuse tactique 'Shock and Awe'", explique dans Europe 1 Matin Week-end, Alexandre Del Valle, géopolitologue.

Une base de négociations favorables au Groenland pour Trump

"Et une fois que la personne est sidérée, qu'elle croit qu'elle va avoir un chaos total, qu'elle va tout perdre, une discussion commence à s'ouvrir sur des bases beaucoup plus favorables que s'il [Donald Trump] avait commencé comme un gentleman."

Une stratégie justement utilisée par le président américain sur le dossier du Groenland, puisqu'après avoir intensifié sa pression sur ce territoire avec des déclarations fortes, Donald Trump annonce "un cadre de futur accord" avec Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN. 

"Il a obtenu aussi une renégociation en cours de l'accord de 1951 qui donne déjà tout aux États-Unis. Les États-Unis peuvent avoir des bases illimitées. Les États-Unis ont très très peu d'hommes, quelques centaines, mais ils peuvent en avoir 30.000 s'ils veulent", affirme le géopolitologue.

Donner la nationalité américaine ?

Sans oublier la possibilité d'un "aspect minier" dans l'accord. Et "là ça devient intéressant, je pense qu'on est au début d'une négociation. Et l'idée de Trump, à un moment, c'est de donner 100.000 dollars à chacun des 57.000 habitants, ou quelques millions de dollars aux 5 ou 6 qui comptent, et d'obtenir un statut renforcé d'autonomie, voire même, sans avoir à envahir ou annexer le pays, donner la nationalité américaine à la plupart des habitants qui le voudront. Et donc ça va se faire progressivement par étapes, il est au début des négociations, il n'a rien cédé." 

Donald Trump "voulait enclencher une négociation sur des bases favorables, avec l'aide de l'OTAN, il prend comme prétexte la sécurité, et Marc Rutte, son vassal préféré en chef, est bien là pour l'appeler 'Daddy', pour ensuite pour commencer à céder. Le Groenland d'ailleurs n'était pas très content, et surtout le Danemark, qui a rappelé, 'c'est nous qui décidons', mais là ça se passe un petit peu au-dessus."

Et cette stratégie du "Shock and Awe", Donald Trump l'applique aussi à l'autre bout du monde, en Iran. Le 22 janvier dernier, il a annoncé qu'une "armada" de navires américains était en route pour le golfe persique. "Il leur fait tellement peur [aux gardiens de la révolution, ndlr] que ça permet une négociation plus facile qui a déjà lieu à Oman, où Américains, Israéliens et Iraniens négocient." 

L'objectif pour Trump étant de faire replier le régime sur certains points, notamment "le stock d'uranium qui devrait être confié à un pays tiers et renoncer au nucléaire militaire".

Mais pour Alexandre Del Valle, ce sera "très difficile".