Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, a refusé lundi de répondre aux questions d’une commission du Congrès américain, invoquant le Cinquième amendement. Sa décision intervient alors qu’une nouvelle vague de documents liés à l’affaire Epstein secoue Washington.
Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein, a refusé lundi de répondre aux questions d’une commission de la Chambre des représentants, invoquant son droit constitutionnel à ne pas s’auto‑incriminer. “Comme prévu, Ghislaine Maxwell a invoqué le Cinquième amendement et refusé de répondre à toute question”, a déclaré le président républicain James Comer, qui a jugé ce refus “très décevant”.
Maxwell, 64 ans, purge une peine de 20 ans de prison et poursuit ses ultimes recours. Ses avocats avaient prévenu qu’elle invoquerait le Cinquième amendement et, selon James Comer, l’un d’eux aurait même indiqué qu’elle accepterait de s’exprimer si elle obtenait une “grâce” présidentielle de Donald Trump.
"Aucun élément nouveau"
La commission espérait l’interroger à l’heure où la publication de “plus de trois millions de pages” liées au dossier Epstein jette un trouble chez de nombreuses personnalités mentionnées. Le ministère de la Justice a toutefois assuré que ces documents ne contenaient “aucun élément nouveau” susceptible d’entraîner de nouvelles poursuites. Dans une déclaration liminaire, l’avocat de Maxwell a affirmé qu’elle ne disposait d’“aucun élément montrant que les présidents Trump ou Clinton soient coupables de quelque méfait que ce soit”. Les deux anciens présidents avaient entretenu des liens avec Epstein mais nient toute implication.
La commission prévoit d’auditionner Bill Clinton et Hillary Clinton à la fin du mois. Le couple a exigé que ces auditions soient publiques. Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump, avait déjà interrogé Maxwell en prison l’été dernier, un entretien suivi quelques semaines plus tard de son transfert vers un établissement moins strict, décision qui avait scandalisé plusieurs victimes.
Dans la retranscription de cet échange, Maxwell dit ne pas croire au suicide de Jeffrey Epstein, tout en refusant de désigner un responsable. Elle assure également qu’il n’existait “pas de liste de clients” et dit ne pas avoir connaissance d’un éventuel chantage sur des personnalités.