La branche armée du Jihad islamique dit avoir tiré des roquettes depuis Gaza en Israël

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avec AFP / Crédit photo : MOHAMMED ABED / AFP (Illustration) , modifié à
L'armée israélienne mène lundi soir d'intenses bombardements sur l'est de la ville de Rafah, après l'annonce par le Hamas qu'il avait accepté une proposition soumise par l'Egypte et le Qatar pour un cessez-le-feu avec Israël. En réponse, la branche armée du Jihad islamique palestinien a indiqué lundi soir avoir tiré des roquettes depuis la bande de Gaza en direction d'Israël.
L'ESSENTIEL

Selon une correspondante de l'AFP en Israël, l'armée israélienne mène, ce lundi soir, d'intenses bombardements sur l'est de la ville de Rafah, après l'annonce par le Hamas qu'il avait accepté une proposition soumise par l'Egypte et le Qatar pour un cessez-le-feu avec Israël dans la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, annonçait depuis des semaines une offensive prochaine sur Rafah, qu'il présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste dans le territoire palestinien.

"Nous avons commencé une opération d'ampleur limitée pour évacuer temporairement les personnes résidant dans l'est de Rafah", a déclaré lundi un porte-parole de l'armée, répétant : "C'est une opération d'ampleur limitée". Il a ajouté que le nombre de personnes concernées était "autour de 100.000 (...) dans l'immédiat". En réponse, la branche armée du Jihad islamique palestinien a indiqué avoir tiré des roquettes depuis la bande de Gaza en direction d'Israël.

Les informations à retenir :

  • 100.000 personnes vivant dans l'est de la ville de Rafah sont en train d'être évacuées dans le sud de la bande de Gaza
  • D'intenses bombardements israéliens sur l'est de la ville de Rafah
  • Les négociations entre Israël et le Hamas menée au Caire ce week-end n'ont pour le moment rien donné
  • Avant l'offensive, des bombardements ont touché Rafah, faisant 16 morts
  • Le Hamas dit avoir accepté une proposition de cessez-le-feu présentée par l'Egypte et le Qatar

La branche armée du Jihad islamique dit avoir tiré des roquettes depuis Gaza en Israël

La branche armée du Jihad islamique palestinien a indiqué lundi soir avoir tiré des roquettes depuis la bande de Gaza en direction d'Israël, sur fond d'intenses bombardements israéliens sur la localité de Rafah et d'approbation par le Hamas d'un projet de cessez-le-feu.

"Nous avons visé avec des barrages de roquettes (la ville de) Sderot, (le kibboutz) Nir Am et d'autres colonies dans l'enveloppe de Gaza", zone d'Israël située autour de la bande de Gaza, a indiqué le groupe armé palestinien dans un communiqué. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes avaient retenti dans des zones autour de la bande de Gaza. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

Cessez-le-feu : Israël dit qu'il va envoyer une délégation auprès des médiateurs 

Israël a annoncé lundi soir l'envoi prochain d'une délégation auprès des médiateurs, après que le Hamas a accepté une proposition de trêve soumise par le Qatar et l'Egypte, tout en poursuivant ses opérations à Rafah pour "exercer une pression militaire" sur le mouvement palestinien.

"Israël va envoyer une délégation (...) auprès de la médiation pour épuiser les possibilités de parvenir à un accord" de trêve, "même si les propositions du Hamas sont loin des exigences essentielles" israéliennes, a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué. Il ajoute que "le cabinet de guerre a décidé la poursuite de l'opération à Rafah pour exercer une pression militaire sur le Hamas".

Des familles d'otages réclament un accord après l'acceptation du Hamas à une proposition de trêve à Gaza

Des familles d'otages retenus dans la bande de Gaza réclament lundi qu'un accord soit trouvé après l'annonce par le Hamas qu'il avait accepté une proposition soumise par l'Egypte et le Qatar pour un cessez-le-feu avec Israël.

"L'annonce du Hamas doit ouvrir la voie au retour des 132 otages retenus en captivité par le Hamas depuis plus de sept mois", a déclaré dans un communiqué le Forum des familles, une association israélienne de proches d'otages fondée au lendemain du 7 octobre. "Le moment est venu pour toutes les parties concernées de tenir leur engagement et de transformer cette opportunité en un accord pour le retour de tous les otages", ajoute-t-on.

Le chef de l'ONU appelle Israël et le Hamas à faire un "effort supplémentaire" pour une trêve

Le secrétaire général de l'ONU a appelé lundi Israël et le Hamas "à faire l'effort supplémentaire nécessaire" pour parvenir à une trêve, a indiqué son porte-parole, alors que le Hamas a dit avoir accepté une proposition en ce sens.

"Le secrétaire général répète son appel pressant à la fois au gouvernement israélien et aux dirigeants du Hamas à faire l'effort supplémentaire pour qu'un accord devienne réalité et que la souffrance cesse", a déclaré dans un communiqué Stéphane Dujarric, ajoutant qu'Antonio Guterres "est profondément inquiet" face à la possibilité d'une opération militaire israélienne à large échelle "imminente" à Rafah.

Un responsable israélien dit qu'Israël "examine" la proposition de cessez-le-feu acceptée par le Hamas

Un haut responsable israélien a indiqué lundi à l'AFP qu'Israël était en train d'examiner la proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, soumise par l'Egypte et le Qatar et que le Hamas palestinien a indiqué avoir accepter. "Nous avons reçu la proposition et nous la passons en revue. Ce n'est pas le cadre dont nous avions convenu. Nous l'examinons", a déclaré ce haut responsable ayant requis l'anonymat. Il n'a pas donné de détails sur le contenu du document.

Le Hamas affirme que la proposition de rêve comprend trois phases avec l'objectif d'un cessez-le-feu permanent

La proposition de rêve dans la bande de Gaza acceptée par le Hamas comprend trois phases avec l'objectif d'un cessez-le-feu durable, a déclaré un haut responsable du mouvement islamiste palestinien à al-Jazeera. Elle comprend trois phases, chacune d'une durée de 42 jours, et inclut un retrait israélien complet de la bande de Gaza, le retour des déplacés et un échange d'otages toujours retenus à Gaza et de prisonniers palestiniens détenus par Israël, dans le mais d'un "cessez-le-feu permanent", a déclaré Khalil al-Hayya à la chaîne qatarie.

Tsahal continue son appel à évacuer les quartiers de Rafah

L'armée israélienne a réitéré lundi soir son appel aux habitants des quartiers Est de Rafah pour évacuer la zone, en prélude à une "opération terrestre", après que le Hamas palestinien a annoncé avoir accepté une proposition de cessez-le-feu soumise par l'Egypte et le Qatar.

"Nous exigeons ce (lundi) soir aux habitants d'évacuer les zones précises que nous avons désignées", a déclaré lors d'un bref point de presse le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari, précisant que le "début de l'évacuation de la population des quartiers est de Rafah" entrait "dans la préparation d'une opération terrestre dans la zone". "Tout au long de la journée, l'aviation a également frappé plus de 50 cibles terroristes dans la zone de Rafah", à la lisière sud de la bande de Gaza, a-t-il ajouté.

Le Hamas dit avoir accepté une proposition de cessez-le-feu présentée par l'Egypte et le Qatar

Le Hamas a indiqué lundi avoir informé l'Egypte et le Qatar qu'il acceptait leur proposition pour un cessez-le-feu avec Israël dans la bande de Gaza dévastée par sept mois de guerre. "Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, s'est entretenu par téléphone avec le Premier ministre qatari Cheikh Mohammed bin Abdelrahmane Al Thani et le ministre égyptien des Renseignements, Abbas Kamel, et les a informés que le Hamas avait approuvé leur proposition d'accord de cessez-le-feu", selon un communiqué publié sur le site du mouvement terroriste. "La balle est désormais dans le camp" d'Israël, déclare un responsable du mouvement.

L'ordre d'évacuation de Rafah est "inhumain", selon l'ONU

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a jugé lundi "inhumain" l'ordre d'évacuation donné par Israël aux habitants de l'est de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. "C'est inhumain. C'est contraire aux principes fondamentaux du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme", a déclaré Volker Türk dans un communiqué.

L'Egypte met en garde contre "les dangers" d'une opération militaire israélienne

L'Egypte a mis en garde lundi contre "les dangers d'une opération militaire israélienne à Rafah", ville de la lisière de la bande de Gaza assiégée devenue un refuge pour plus d'un million de Palestiniens, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. L'Egypte appelle Israël à "faire preuve d'une retenue maximale et éviter davantage d'escalade, à un moment très critique" pour les discussions sur une trêve dans la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, dans lesquelles Le Caire est l'un des trois médiateurs, avec le Qatar et les Etats-Unis.

1,2 million de Palestiniens à Rafah

Rafah, à la lisière sud de la bande de Gaza, abrite selon l'ONU 1,2 million de Palestiniens, soit la moitié de la population du territoire, la plupart des déplacés qui ont fui la guerre plus au nord. Benjamin Netanyahu a promis de lancer cette offensive quelle que soit l'issue des discussions en cours, par l'intermédiaire des pays médiateurs, pour tenter d'imposer une trêve associée à la libération d'otages retenus à Gaza.

De nouveaux pourparlers samedi et dimanche au Caire se sont heurtés à l'intransigeance des deux camps, le Hamas continuant à réclamer un cessez-le-feu définitif tandis qu'Israël promet de détruire le mouvement islamiste, auteur le 7 octobre sur son sol d'une attaque sans précédent, qui a déclenché la guerre.

"Combattre le Hamas"

Craignant un bain de sang parmi les civils, les capitales et organisations internationales s'opposent à l'opération annoncée sur Rafah, qu'Israël affirme indispensable pour anéantir les derniers bataillons du Hamas. Lundi, un habitant de Rafah a indiqué à l'AFP que certains avaient reçu des messages vocaux sur leur téléphone les invitant à partir et des SMS avec une carte leur indiquant vers où se rendre.

L'armée avait auparavant annoncé "encourager les habitants de l'est de Rafah à se déplacer vers les zones humanitaires élargies", précisant que "les appels à bouger temporairement vers la zone humanitaire seraient relayés par tracts, SMS, appels téléphoniques et messages en arabe dans les médias".

L'armée a assuré avoir "élargi la zone humanitaire à al-Mawasi", à une dizaine de kilomètres de Rafah, où sont installés notamment "des hôpitaux de campagne, des tentes et un volume croissant de nourriture, d'eau, de médicaments et autres". "Ce plan d'évacuation vise à éloigner les civils du danger", a déclaré le porte-parole de l'armée, "notre but est de combattre le Hamas, pas les habitants de Gaza. Et c'est pourquoi nous menons cette évacuation temporaire précise".

Bombardements sur Rafah

Pendant la nuit, l'armée a bombardé Rafah, faisant 16 morts au sein de deux familles. Les secouristes ont fait état de neuf morts dans la famille Al Attar et sept autres dans la famille Keshta. "Hier à cette heure, nous étions très optimistes et nous attendions l'annonce d'un cessez-le-feu. Aujourd'hui, nous sommes sur les dents", a témoigné dimanche à l'AFP une habitante de Rafah âgée de 59 ans, Najat Shaat.

Peu avant, l'armée israélienne avait indiqué à l'AFP que trois soldats avaient été tués et 12 autres blessés dimanche par des roquettes tirées par la branche armée du Hamas autour de Kerem Shalom, principal point de passage de l'aide humanitaire depuis Israël vers la bande de Gaza. Les brigades Ezzedine al-Qassam ont revendiqué ces tirs, qui ont conduit Israël à fermer le passage utilisé pour acheminer l'aide vers Gaza.

L'armée israélienne a rapporté lundi matin sur le réseau social X avoir intercepté un "drone ennemi volant vers Israël". La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont lancé une attaque dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Durant l'attaque, plus de 250 personnes ont été enlevées et 128 restent captives à Gaza, dont 35 sont mortes, selon l'armée.

L'offensive israélienne lancée dans la bande de Gaza en représailles a fait jusqu'à présent 34.683 morts, selon le Hamas. Israël a juré d'anéantir le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les États-Unis et l'Union européenne.

"Remettre les pourparlers sur les rails"

Benjamin Netanyahu avait réaffirmé dimanche qu'Israël ne pouvait "accepter" les demandes du Hamas, qui réclame un cessez-le-feu définitif dans le territoire palestinien en préalable à tout accord, notamment sur la libération des otages. Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, a de son côté accusé Benjamin Netanyahu de "saboter les efforts des médiateurs".

L'offre des pays médiateurs, Qatar, Égypte et États-Unis, présentée fin avril au Hamas, prévoit une trêve associée à une libération d'otages retenus dans la bande de Gaza, en échange de prisonniers palestiniens détenus par Israël. Mais un responsable du Hamas a affirmé dimanche que le mouvement n'accepterait "en aucun cas un accord ne prévoyant pas explicitement un arrêt de la guerre".

La délégation du Hamas au Caire, repartie pour Doha dimanche soir, doit être de retour en Égypte mardi "pour achever les négociations", selon un média proche du renseignement égyptien, Al-Qahera News.

Après une étape au Caire, selon des médias américains, le chef du renseignement américain, William Burns, est attendu lundi au Qatar, selon une source proche des négociations. "En l'absence d'avancée" lors des discussions au Caire, William Burns doit avoir une "réunion d'urgence avec le Premier ministre" de l'émirat, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, "afin de discuter des moyens de remettre les pourparlers sur les rails", selon cette source.

Aucune pression" internationale n'empêchera Israël de "se défendre", a lancé dimanche soir Benjamin Netanyahu. "Si Israël doit rester seul, Israël restera seul", a-t-il insisté, tout en dénonçant le "terrible volcan de l'antisémitisme" déferlant selon lui à travers le monde.

Le Hamas avertit que les préparatifs d'offensive ne font aucun cas du sort des otages

Le Hamas a averti lundi Israël que ses préparatifs d'offensive terrestre sur Rafah ne font aucun cas du sort des otages retenus dans la bande de Gaza et menacent des centaines de milliers de civils dans le territoire palestinien assiégé.

Le Hamas a affirmé dans un communiqué qu'Israël s'apprête à lancer son offensive "sans prendre en considération la catastrophe humanitaire en cours dans la bande de Gaza ou le sort des captifs", qui y sont retenus depuis leur enlèvement le 7 octobre dans le sud d'Israël. L'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer l'est de la ville de Rafah, devenue un refuge pour de nombreux déplacés, à la lisière sud de la bande de Gaza, en vue d'une offensive militaire terrestre.