Face a des réserves inférieures à la moyenne européenne, l'Allemagne songe a passer des partenariats avec l'Algérie, jugé comme "un partenaire fiable", indiqué le chef de la diplomatie allemande.
L'Allemagne, où les réserves de gaz sont actuellement inférieures à la moyenne européenne, a "besoin de contrats de livraison de gaz à long terme" et l'Algérie est un "partenaire fiable", a affirmé mardi le chef de la diplomatie allemande.
Juste avant de rencontrer le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab, Johann Wadephul a insisté sur la nécessité pour l'Allemagne de "diversifier" ses sources d'approvisionnement d'énergie, sujet très épineux depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie et devenu encore plus compliqué depuis la crise du détroit d'Ormuz.
L'Allemagne est "en grande partie voire presque totalement, détachée de toutes les livraisons d'énergie en provenance de Russie, du gaz en totalité", a-t-il rappelé en visite à Alger et interviewé à la télévision allemande.
Mais "la crise dans le détroit d'Ormuz a fait grimper les prix", a-t-il ajouté. Or ces deux crises ne devraient pas être résolues "rapidement", a-t-il observé, disant "espérer que l'Allemagne pourra désormais sécuriser (en Algérie, ndlr) une partie de son approvisionnement en gaz".
Un niveau de stockage qui alimente les inquiétudes
M. Wadephul a affirmé avoir reçu "des réponses très positives" de l'Algérie et de la Tunisie (qu'il a visitée lundi). "Les deux ont un grand intérêt, aussi parce qu'elles recherchent naturellement, de leur côté, des partenaires économiques, des partenaires solides en Europe", a-t-il dit, rappelant que l'Allemagne était la première économie européenne.
Les réservoirs de gaz en Allemagne sont actuellement remplis à 53%, bien en-dessous de la moyenne dans l'UE, à 65%, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).
Ce faible niveau de stockage alimente les inquiétudes quant à la sécurité de l'approvisionnement durant l'hiver et à l'évolution des prix. Après la crise gazière déclenchée en 2022 par l'invasion russe de l'Ukraine, le gouvernement allemand avait instauré des objectifs obligatoires de remplissage pour les exploitants de sites de stockage souterrains.
Un objectif de remplissage difficile à atteindre
Aujourd'hui, la plupart des installations doivent être remplies à au moins 80% au 1er novembre. Les exigences ont toutefois été assouplies en 2025, Berlin estimant que le risque d'approvisionnement s'est réduit grâce notamment à la mise en service de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et à une diversification des sources d'importation.
Dans de nombreux cas, atteindre cet objectif paraît désormais difficile. Si les seuils requis ne sont pas respectés, l'État peut intervenir pour ordonner le remplissage des réserves.
Les capacités de stockage étant principalement commercialisées par des opérateurs privés, certains observateurs craignent que des acteurs du marché misent sur une intervention publique de dernière minute. L'État pourrait alors être contraint d'acheter du gaz à des prix élevés afin de garantir la sécurité de l'approvisionnement pendant l'hiver.