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Gaz : faut-il craindre une flambée des prix cet hiver ?

[© Frédéric Moreau / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les stocks européens de gaz sont nettement moins remplis qu'à la même période les années précédentes, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de guerre en Ukraine. Si les spécialistes écartent le scénario d'une pénurie cet hiver, ils redoutent une forte hausse des prix, notamment en cas de vague de froid.

Allons-nous manquer de gaz cet hiver ? La question inquiète de plus en plus les spécialistes de l'énergie. En Europe, les stocks sont actuellement remplis à 59%, contre environ 74% en moyenne au mois d'août.

Un niveau historiquement bas qui pourrait être difficile à rattraper avant l'hiver. D'autant que le contexte géopolitique fait peser de nouvelles incertitudes sur l'approvisionnement européen.

Le détroit d'Ormuz au cœur des inquiétudes

La principale menace vient du blocage du détroit d'Ormuz. Les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar et des Émirats arabes unis, qui représentent environ 20% de l’approvisionnement mondial, sont à l'arrêt.

Cette situation pourrait durablement perturber le marché mondial du gaz. Contrairement au pétrole, les exportations de GNL pourraient mettre davantage de temps à reprendre.

Le prix du gaz a déjà doublé depuis le début du conflit avec l'Iran et pourrait continuer à progresser, estime Thierry Bros, expert de l'énergie et professeur à Sciences Po Paris.

"Notre assurance pour l'hiver est entamée. Si l'hiver est froid, si les Russes venaient à nous couper le gaz, puisqu'ils nous envoient encore un peu de gaz, on se retrouverait face à un problème d'approvisionnement", explique-t-il.

Pas de pénurie, mais des prix en hausse

Pour autant, le scénario d'une pénurie de gaz en France n'est pas privilégié. Les particuliers devraient pouvoir continuer à se chauffer, mais au prix d'une facture potentiellement beaucoup plus élevée.

La raison est que la concurrence s'intensifie pour obtenir les cargaisons disponibles. La Chine cherche notamment à reconstituer rapidement ses propres stocks.

"Nos stockages sont bas parce que nos cargaisons qui nous étaient destinées depuis avril, une partie est allée en Asie et en Chine en particulier", souligne Thierry Bros.

Vers le retour des gestes de sobriété ?

Avec moins de gaz disponible sur le marché mondial et une demande susceptible d'augmenter en cas d'hiver froid, les consommateurs français pourraient donc être contraints de renouer avec les gestes de sobriété énergétique. Le risque principal n'est donc pas de voir les Français manquer de gaz, mais de devoir composer avec une nouvelle flambée des prix et des factures de chauffage.