États-Unis : Samuel Little, le tueur en série qui revendique 90 meurtres

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L'équipée meurtrière de Samuel Little se serait étirée sur une période allant de 1970 à 2005.
L'équipée meurtrière de Samuel Little se serait étirée sur une période allant de 1970 à 2005. © HO / Ector County Sheriff's Office / AFP
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Cet ancien boxeur de 78 ans, gravement malade, pourrait être le "serial killer" le plus meurtrier de l’histoire des États-Unis.  

Depuis plusieurs semaines, ses confessions n’en finissent plus. A 78 ans, Samuel Little a décidé de tout raconter aux enquêteurs de tous les États-Unis, venus lui rendre visite dans sa prison du Texas pour entendre ses macabres récits. Ce vieil homme, gravement malade et qui se déplace en chaise roulante, a revendiqué ces dernières semaines le total vertigineux de 90 meurtres, étalés sur près d’un demi-siècle, comme le raconte le New York Times dans un long portrait. Si jusqu’ici, les enquêteurs ont confirmé 34 d’entre eux, le FBI "himself" l’assure : Samuel Little pourrait bien être "le 'serial killer' le plus prolifique de l’histoire des États-Unis".

Des meurtres dans 14 États. Le nom de cet ancien boxeur, solide gaillard de près d’1 m 90, aurait pu tomber dans les oubliettes des prisons américaines. Mais Little a décidé, au crépuscule de sa vie, de passer aux aveux. Ce n’est pourtant qu’en 2012 que les policiers, grâce à des prélèvements ADN, parviennent à le confondre pour les meurtres de trois femmes à Los Angeles à la fin des années 1980. Malgré ses dénégations, il est condamné deux ans plus tard à la prison à perpétuité. Mais James Holland, un policier du Texas, en est persuadé : Little est loin d’avoir tout dit.

Au printemps 2018, l’enquêteur se rend en Californie, avec deux autres agents, pour le rencontrer en prison. Little, très affaibli par le diabète et une crise cardiaque, commence alors à raconter des dizaines de meurtres, avant d’être transféré dans un établissement pénitentiaire du Texas. Mississipi, Ohio, Arizona, Nevada… Son équipée meurtrière se serait étirée sur une période allant de 1970 à 2005, dans 14 États à travers tout le pays.

Des femmes vulnérables et pauvres. A chaque fois, le mode opératoire est presque identique : Little s’en prend à des marginales, souvent des prostituées ou des droguées, dans des bars ou dans des boîtes de nuit. L’ancien boxeur les amène alors dans sa voiture, où il les tue en les frappant brutalement ou les étranglant sur la banquette arrière, avant d'abandonner leurs corps sur un bord de route, en contre-bas d'une falaise ou dans une décharge.

Ses récits, extrêmement détaillés, apparaissent crédibles aux dizaines d’enquêteurs venus recueillir ses confessions. "La clarté de ses souvenirs, après toutes ces années, est effrayante. Il se rappelle des noms et des visages", raconte au NY Times un policier de Floride, venu l’interroger sur le meurtre d’une jeune femme commis en 1982.

Déjà accusé de meurtre dans les années 1980. Mais comment Little a-t-il pu échapper toutes ces années à la justice ? Le New York Times l’explique par le profil de ses victimes, des femmes pauvres dont la disparition n’était signalée qu’après plusieurs semaines et pour, lesquelles, la police ne poussait que très peu ses investigations. Le FBI explique que, faute d'impact de balles ou de coups de couteaux, nombre de ses homicides ont été classés comme des overdoses, des accidents ou des causes naturelles.

Little n’a ainsi passé "que" dix ans en prison, en cumulé, avant 2012. Lié à la disparition de deux jeunes femmes au début des années 1980, l'une dans le Mississippi, l'autre en Floride, il avait toutefois été relâché faute de preuves. "Croyez-le ou non, on ne voit le diable que quelques fois dans sa carrière. En regardant dans ses yeux, je dirais que c’est le diable à l’état pur", résume un détective chargé des "cold case" (les affaires non résolues) à la police de Los Angeles. Little, lui, n’affiche aucun remords, comme en atteste cette phrase, glaçante, recueillie par un enquêteur. "Il a dit que Dieu lui a fait emprunter ce chemin, alors pourquoi demanderait-il pardon ?"