États-Unis : 25e amendement ou impeachment, la Constitution permet-elle d'écarter Donald Trump ?

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Invité de Mathieu Noël sur Europe 1, le spécialiste des États-Unis Jean-Éric Branaa a rappelé que le 25e amendement, évoqué par certains membres de l'opposition pour écarter le président en difficulté, "n'est pas fait pour destituer le président".

Les révélations accablantes sur le mandat de Donald Trump s'accumulent outre-Atlantique, affaiblissant à chaque fois un peu plus la Maison-Blanche. La publication, le 11 septembre, de Peur : Trump à la Maison Blanche, dans lequel le journaliste Bob Woodward décrit les dessous de la présidence de Donald Trump et la publication par le New York Times d'une tribune anonyme d'un haut responsable de l'administration affirmant faire partie de la "résistance" ont rouvert le débat sur la possibilité d'éloigner Trump du pouvoir grâce à au 25e amendement de la Constitution. Mais pour Jean-Eric Branaa, maître de conférence à l'université Paris II Assas et spécialiste des États-Unis, invité de Mathieu Noël lundi matin sur Europe 1, cet article "n'est pas fait pour destituer le président. Pour ça il y a l'impeachment", précise le chercheur, jugeant "complètement hallucinant" ce débat."

Pour Jean-Eric Branaa, le portrait de Trump dressé ces dernières semaine détonne avec "la valeur d'exemple que représente le président" et "horripile une grosse partie de la population, voire la déçoit terriblement". Et la réplique du président ulcéré, qui menace de changer les lois sur la diffamation, ne passera pas auprès des citoyens, selon lui. "Les Américains sont très attachés à la liberté de parole", explique-t-il. 

>> De 5h à 7h, c’est “Debout les copains” avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Pour destituer le président, "il y a l'impeachment". Le spécialiste de la politique américain a profité de son passage sur Europe 1 pour rappeler le rôle du 25e amendement. "Il n'est pas du tout fait pour chasser quelqu'un du pouvoir. C'est une disposition qui a été rajoutée pour pallier un défaut, par exemple lorsque le président est opéré et qu'il a une anesthésie générale. Et s'il y avait une décision à prendre pendant qu'il est sur le billard (...) on donne le pouvoir pendant, dix minutes, deux heures, dix jours à quelqu'un d'autre".

S'il restera vraisemblablement bien en poste, selon Jean-Eric Branaa, Donald Trump pourrait-il pour autant payer le prix de ces révélations lors des prochaines élections de mi-mandat ? Au Sénat, rappelle-t-il, "le président américain n'a aucune chance de perdre la majorité et même il risque de l'améliorer", pointe le spécialiste. En revanche, note-t-il, "au niveau des Etats et des gouverneurs, il pourrait y avoir un vrai carton chez les démocrates, et ça serait un vrai contre-pouvoir face à Donald Trump".