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Espagne : la rupture d'un rail évoquée par les enquêteurs après la collision de deux trains

La collision de deux trains en Andalousie a causé la mort de 45 personnes. [CRISTINA QUICLER / AFP]

Cinq jours après la collision spectaculaire de deux trains dans le sud de l'Espagne, les enquêteurs travaillent sur "l'hypothèse" d'une "rupture" d'un rail au niveau d'une soudure qui se serait produite juste avant la catastrophe. L'accident dramatique a causé la mort de 45 personnes et fait plusieurs dizaines de blessés.

Les enquêteurs travaillant sur la terrible collision de deux trains dans le sud de l'Espagne, dimanche dernier, évoquent "l'hypothèse" d'une "rupture" d'un rail au niveau d'une soudure qui se serait produite juste avant la catastrophe, selon un rapport préliminaire publié ce vendredi.

45 morts et plusieurs blessés

L'accident s'est produit en Andalousie, près de la ville d'Adamuz. Les trois dernières voitures d'un train de la compagnie italienne Iryo, reliant Malaga à Madrid, ont déraillé, se déportant sur l'autre voie juste avant l'arrivée, en sens inverse, d'un train de la Renfe. Au total, 45 personnes sont mortes et plusieurs dizaines d'autres ont été blessées.

"L'hypothèse" des enquêteurs part de la présence d'"entailles" sur les roues situées du côté droit des voitures du train Iryo qui n'ont pas déraillé. "Ces entailles sur les roues et la déformation observée sur la voie sont compatibles avec le fait que la voie aurait été fracturée", note la Commission d'Enquête sur les Accidents ferroviaires (CIAF), un organisme officiel dépendant du ministère des Transports.

Une "hypothèse de travail"

"D'après les informations disponibles à ce stade, on peut formuler l'hypothèse que la rupture du rail s'est produite avant le passage du train Iryo accidenté et donc avant son déraillement", poursuivent les enquêteurs. Néanmoins, il ne s'agit que d'une "hypothèse de travail" : celle-ci "devra être corroborée par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs", insistent-ils.

"En ce qui concerne les causes de la rupture du rail, aucune hypothèse n'est écartée", ajoutent les enquêteurs, qui soulignent également que des encoches semblables ont été découvertes sur les roues de trois autres trains qui étaient passés au même endroit peu avant le drame. La cassure de la voie se serait ainsi produite au niveau "d'une soudure entre deux tronçons" de celle-ci.

Le gouvernement espagnol avait écarté dès le départ l'hypothèse d'un acte de sabotage. Le rapport définitif sur les causes de la collision sera, lui, rendu dans plusieurs mois. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a affirmé qu'il s'agissait d'une "enquête complexe qui demande du temps" et d'un "examen exhaustif" de "l'infrastructure, du matériel roulant, des systèmes de sécurité et des conditions d'exploitation".