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En directMoyen-Orient : L'Iran sera «le seul pays» habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs débloqués, prévient son ambassadeur

[AFP]
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, malgré l'annonce par Washington d'une levée des sanctions sur le pétrole iranien dans le cadre des pourparlers pour une fin à la guerre au Moyen-Orient. Suivez notre direct.
L'Iran sera "le seul pays" habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs débloqués, selon son ambassadeur

L'Iran sera "le seul pays" habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs qui seront débloqués par les Etats-Unis, a affirmé un haut responsable iranien mardi, alors que Washington a laissé entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions, notamment des contrats agricoles.

"L'Iran est le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués" et "aucun autre pays ni aucune autre entité n'aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l'Iran", a déclaré l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Genève, Ali Bahreini, lors d'une conférence de presse à Genève.

"Je rejette donc toute affirmation selon laquelle un autre pays aurait un rôle à jouer pour influencer ces décisions ou ces processus", a-t-il insisté.

Le trafic maritime record lundi depuis le début de la guerre

Au moins 36 navires de matières premières ont franchi le détroit d'Ormuz lundi, un trafic maritime record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon les données de la plateforme Kpler, après la conclusion d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran.

Ce trafic représente près d'un tiers des franchissements en temps de paix (environ 120 par jour) via ce passage stratégique pour le commerce mondial, par où transite d'ordinaire un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, ainsi que d'autres matières premières essentielles.

L'Iran ne prévoit pas de laisser l'AIEA inspecter les sites bombardés

L'Iran n'a pas l'intention de permettre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'inspecter ses sites bombardés par Israël et les Etats-Unis, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères.

"Nous n'avons pas eu de réunion avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, et nous ne prévoyons pas non plus que l'Agence inspecte les installations nucléaires iraniennes endommagées par l'agression militaire américaine et sioniste", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï lors d'une conférence de presse.

JD Vance avait affirmé lundi, à l'issue de négociations en Suisse, que les Iraniens avaient "accepté d'inviter à nouveau les inspecteurs" de l'instance onusienne, qualifiant cela d'"étape majeure".

L'Iran annonce des groupes de travail, dans le cadre des pourparlers avec les Etats-Unis

Des discussions techniques en Suisse, dans le cadre des pourparlers en cours entre l'Iran et les Etats-Unis, se sont achevés avec la mise en place de groupes de travail portant notamment sur le nucléaire et la levée des sanctions, a rapporté mardi un média d'Etat iranien.

A l'issue de ces consultations dans la continuité des pourparlers de dimanche, "il a été décidé de mettre en place quatre groupes de travail portant sur la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction et le développement économique (de l'Iran) ainsi qu'un groupe de suivi", a déclaré à l'agence Irna le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, spécialiste des questions juridiques.

Le négociateur en chef iranien Ghalibaf affirme qu'Ormuz sera administré par Téhéran

Le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé lundi que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie serait "administrée" par son pays, selon un média d'Etat.

"Tout le monde doit savoir que l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a affirmé celui qui mène les négociations avec les Etats-Unis pour mettre durablement fin au conflit au Moyen-Orient, cité par l'agence Irna.

"Bien sûr, les règles internationales seront respectées, mais l'Iran administrera le détroit d'Ormuz", a-t-il ajouté.

Mohammad Bagher Ghalibaf avait pris part le même jour en Suisse à une première séance de pourparlers avec les représentants américains.

JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention pour résoudre la guerre entre Israël et le Hezbollah

Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice?président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Washington annonce suspendre ses sanctions sur le pétrole iranien

Les Etats-Unis ont annoncé lundi suspendre pour deux mois leurs sanctions visant le pétrole iranien, assurant que l'Iran accueillerait à nouveau des inspecteurs nucléaires, après des pourparlers qu'ils ont qualifiés de "bases très solides" pour une fin de la guerre au Moyen-Orient.

"Toutes les transactions" qui étaient auparavant "interdites" concernant la production, la vente, le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", selon le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions économiques.

Evoluant déjà à la baisse à la faveur de la récente détente diplomatique, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, est tombé lundi sous les 78 dollars, loin du sommet de plus de 126 dollars qu'il avait atteint au paroxysme de la guerre.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", avait auparavant déclaré le vice-président américain JD Vance après avoir participé aux discussions en Suisse dimanche et jusqu'à tôt lundi matin.