L'armée américaine a annoncé lundi avoir lancé à 20H00 GMT une nouvelle série de frappes contre l'Iran, afin de l'empêcher d'attaquer des navires dans le détroit d'Ormuz.
Les frappes sont menées "sur ordre du commandant en chef" Donald Trump et ont repris à 16H00 heure de Washington (20H00 GMT), a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a dénoncé lundi "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates français en poste à Téhéran dont l'un a été "molesté".
"Dimanche soir deux agents de l'ambassade de France en Iran ont été la cible d'une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens, en violation flagrante des immunités diplomatiques dont ils bénéficient", affirme dans une déclaration transmise à l'AFP le ministre, selon qui les deux diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures, interrogés et, pour l'un d'eux, molesté" avant de pouvoir rejoindre l'ambassade de France.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que l'Iran faisait face à une guerre "totale" menée par les Etats-Unis, et mis en garde contre les conséquences pour l'économie du pays.
"La réalité est qu'aujourd'hui, la République islamique d'Iran fait face à une guerre totale" menée par les Etats-Unis, a déclaré M. Pezeshkian, ajoutant que les Iraniens devaient "accepter les conséquences naturelles de cette résistance", selon des propos rapportés par le site de la présidence.
"Aujourd'hui, le principal champ de bataille est celui de l'économie et des moyens de subsistance de la population", a relevé le président iranien lors d'une rencontre à Téhéran avec des responsables de la justice.
"Si la pression économique venait à engendrer du mécontentement social (...) l'immense soutien de la population envers l'Etat risquerait d'être fragilisé", a mis en garde Massoud Pezeshkian.
En juin, l'inflation en Iran s'est fortement accélérée sous l'effet de la guerre pour atteindre des sommets à près de 90% de hausse sur un an. Les chiffres pour juillet ne sont pas encore connus.
Fin décembre, un mouvement de contestation initialement déclenché contre la vie chère s'était rapidement mué en vastes manifestations antigouvernementales qui ont culminé les 8 et 9 janvier.
Le pouvoir iranien a recensé plus de 3.000 morts, imputant les violences à des "actes terroristes" orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Des ONG basées à l'étranger ont parlé elles d'une répression ayant fait des milliers de morts.
Le Koweït et Bahreïn ont encore subi des attaques de l'Iran lundi, menées en représailles à de nouvelles salves américaines sur le pays pour la neuvième nuit consécutive.
L'armée bahreïnie a annoncé avoir "intercepté" des attaques aériennes et dénoncé dans un communiqué sur X la "politique hostile systématique" et les "attaques criminelles" de l'Iran.
Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans le royaume, qui abrite la Cinquième flotte américaine, et des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP sur place.
Le Koweït a également repoussé de nouvelles attaques de "drones hostiles à la suite de l'agression iranienne", après que les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé viser des cibles militaires dans ce pays du Golfe.
L'Iran a pressé lundi le gendarme onusien du nucléaire, l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), de condamner les frappes américaines ayant visé dimanche, selon Téhéran, une centrale nucléaire en construction à Darkhovin dans le sud-ouest du pays.
"L'Iran (...) attend du Conseil des gouverneurs de l'AIEA et du Directeur général de l'AIEA (Rafael Grossi), qui prennent régulièrement position sur la question du nucléaire iranien, qu'ils expriment clairement leur position à ce sujet et condamnent le crime perpétré par les Etats-Unis", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.
Le détroit d'Ormuz, voie navigable stratégique dont Téhéran et Washington se disputent le contrôle, ne peut servir à "menacer la sécurité" de l'Iran, a déclaré lundi la diplomatie iranienne sur fond d'affrontements avec les Etats-Unis.
"Nous ne devons pas permettre que cette voie maritime soit à nouveau détournée de son usage premier pour menacer la sécurité et les intérêts nationaux de l'Iran", a dit le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, ajoutant que son pays était "déterminé à prendre les mesures nécessaires" pour assurer sa souveraineté, lors d'une conférence de presse à Téhéran à laquelle assiste l'AFP.
L'Iran a déclaré lundi que les efforts diplomatiques se poursuivaient avec les Etats-Unis via des médiateurs, en dépit des bombardements du territoire iranien par l'armée américaine.
"Nous avons été informés par les médiateurs, nous avons reçu des messages - sans entrer dans les détails - mais l'essentiel est que l'appareil diplomatique a été actif ces derniers jours et que des idées nous ont été transmises par certains médiateurs" a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse à Téhéran à laquelle assiste l'AFP. Le Pakistan, le Qatar et Oman sont impliqués dans les médiations entre Téhéran et Washington.
Un navire a été touché par un "projectile" dans le détroit d'Ormuz, entraînant un incendie et l'évacuation de son équipage, a rapporté lundi l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
"Le navire a été frappé par un projectile inconnu. L'équipage a évacué le navire en toute sécurité et a été secouru par un remorqueur. L'incendie n'a pas été éteint et le navire est actuellement à la dérive. Aucun impact environnemental n'a été signalé", a indiqué l'UKMTO dans une mise à jour de son précédent communiqué.
L'agence avait fait état plus tôt d'un navire en feu à 8 milles nautiques (environ 15 km) au nord-ouest de Kumzar, à Oman, sans préciser la cause de cet incendie.
La ville portuaire de Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile en fonctionnement d'Iran, a été visée lundi matin par de nouvelles frappes américaines, a rapporté un média d'Etat.
"Il y a quelques minutes, plusieurs endroits de la ville de Bouchehr ont été frappés par des projectiles tirés par les ennemis américains", a déclaré le gouverneur de la ville, Mohammad Mozaffari, cité par l'agence officielle Irna.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont affirmé lundi avoir "arrêté" par la force deux nouveaux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon les médias officiels.
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté qu'un navire était en feu à 8 milles nautiques (15 km environ) au nord-ouest du village omanais de Kumzar, sans préciser la cause.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a exhorté dimanche soir la communauté internationale à faire pression sur l'Iran aux côtés des Etats-Unis pour "protéger le transport maritime mondial" dans le détroit d'Ormuz.
Les Etats-Unis ont annoncé avoir mené des frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive lundi.
Les raids de la nuit "ont visé des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne et de surveillance côtière, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication, afin de réduire davantage la capacité de l'Iran à attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d'Ormuz", a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
"Nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir, et nous l'avons fait en l'honneur des, probablement trois, c'est probablement trois grands patriotes", a de son côté déclaré le président américain Donald Trump aux journalistes à son retour à Washington après la finale de la Coupe du monde de football.
Le baril de Brent est repassé lundi au-dessus de la barre des 90 dollars, avec la poursuite des frappes entre Américains et Iraniens et le verrouillage du crucial détroit d'Ormuz, qui inquiètent également des investisseurs en Asie déjà fébriles avec la tech.
Vers 03H25 GMT lundi, le baril de Brent montait de 2,30% à 90,13 dollars, après un pic à 91,42 dollars (vers 22H30 GMT dimanche), marquant un plus haut depuis le 11 juin.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé lundi avoir visé des avions de l'armée américaine sur l'aéroport d'Aqaba en Jordanie, "causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux", selon la télévision d'Etat iranienne.
Des avions de transport lourds et de patrouille "appartenant à l'armée américaine envahisseuse à l'aéroport Aqaba ont été visés par des missiles balistiques, causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux", a assuré l'armée idéologique de l'Iran.
Dimanche, l'armée israélienne avait dit avoir abattu, en collaboration avec l'armée jordanienne, un missile iranien qui visait Aqaba, port de la mer Rouge voisin d'Eilat en Israël.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé lundi avoir mené "une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi" dans la région d'Al-Tanf, en Syrie, selon l'agence officielle Irna.
L'attaque a été lancée "en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d'Iranshahr", a écrit Irna sur Telegram. Dimanche soir, l'agence iranienne Tasnmim avait fait état des funérailles de trois soldats tués dans une attaque américaine contre une caserne d'Iranshahr, dans le sud-est du pays.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a exhorté dimanche la communauté internationale à faire pression sur l'Iran aux côtés des Etats-Unis pour "protéger le transport maritime mondial" dans le détroit d'Ormuz.
"Il est clair que l'Iran, du moins certains responsables en Iran, veulent contrôler le détroit et l'utiliser comme levier contre le reste du monde", a déclaré Rubio aux journalistes avant de s'envoler pour les Philippines pour une réunion internationale.
"Les Etats-Unis feront, et continueront de faire, ce qu'ils doivent faire pour protéger le transport maritime mondial, mais les autres pays doivent commencer à intensifier leurs efforts et fournir une aide pour partager ce fardeau, qu'il s'agisse de moyens matériels ou financiers", a-t-il poursuivi.
L'armée américaine a annoncé dimanche la mort d'un militaire américain lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien abattu dans le nord de l'Irak.
Le Centcom a aussi indiqué que des restes humains non identifiés avaient été retrouvés en Jordanie. Il avait annoncé samedi la mort de deux militaires américains et la disparition d'un troisième vendredi dans ce pays.
Un total de 17 militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre le 28 février.