La Cour de cassation "pourrait" se prononcer sur le pourvoi de Marine Le Pen contre sa condamnation dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du Front national "au plus tard début avril 2027", a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué. "Ce calendrier est susceptible d'évoluer en fonction des facteurs procéduraux", nuance toutefois la plus haute instance judiciaire, alors que le premier tour de l'élection présidentielle doit se tenir le 18 avril 2027.
Jordan Bardella a assuré, mercredi, "se réjouir" que Marine Le Pen "puisse porter nos couleurs" à la présidentielle et promis que les deux leaders du RN "continueraient de travailler naturellement main dans la main".
"Je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne", a-t-il affirmé lors d'un déplacement commun à La Flèche (Sarthe), assurant n'éprouver "ni soulagement, ni déception" au fait de ne pas être le candidat de son parti à l'élection.
Dans "Europe 1 Info", Georges Fenech explique pourquoi la condamnation en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN est "inédite". L'ex-magistrat a remarqué que cette décision marque un tournant.
Lors de son premier déplacement de campagne à La Flèche (Sarthe), Marine Le Pen a réaffirmé sa ligne de défense au lendemain de sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du RN. "Je suis innocente", a-t-elle déclaré. Après s'être pourvue en cassation, elle a affirmé être "une citoyenne qui use de ses droits", estime que le jugement de la cour d'appel lui a "rendu [son] éligibilité" et assure qu'elle "ne joue pas la montre".
La cheffe de file du Rassemblement national est attendue dans la matinée pour une déambulation sur le marché de La Flèche, mairie remportée en mars par le RN. Elle sera accompagnée de Jordan Bardella, qui devait la remplacer en cas d'empêchement et sera son Premier ministre si elle remporte l'élection présidentielle de 2027.
Mardi, Marine Le Pen a bouleversé le cours de la campagne en annonçant sa candidature à l'Élysée, quelques heures après l'arrêt de la cour d'appel confirmant sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
La réduction de son inéligibilité à 45 mois, dont 30 avec sursis, lui permet de se porter candidate. Elle a aussi été condamnée à trois ans d'emprisonnement, dont un an sous bracelet électronique, mais a assuré qu'elle mènerait campagne "sans" en se pourvoyant en cassation, car cet ultime recours suspend l'exécution de sa peine.
Gabriel Attal a accusé, mercredi, Marine Le Pen de faire "pression sur la Cour de cassation" pour qu'elle ne rende pas sa décision avant la présidentielle et de "prendre en otage" la campagne par une "guérilla judiciaire".
"On entend aujourd'hui chez ses soutiens, chez son avocat des déclarations pour essayer de faire pression sur la Cour de cassation pour que la décision ne soit pas rendue avant l'élection présidentielle", a critiqué le candidat Renaissance à la présidentielle sur France inter.
Si la Cour de cassation rejetait le pourvoi de Marine Le Pen avant l'élection, celle-ci pourrait être contrainte de terminer sa campagne sous bracelet électronique.
"En écoutant Madame Le Pen, je me suis dit que c'étaient les mêmes réflexes, la même rhétorique qu'aurait Donald Trump (...) On a une responsable politique condamnée deux fois pour détournement de fonds publics, qui engage une forme de guérilla judiciaire pour se présenter", a-t-il ajouté.
Marine Le Pen "prend en otage toute la campagne présidentielle parce que d'ici le mois de mars, tout peut encore changer. Sa candidature ne tient qu'à un fil judiciaire (...) Dans n'importe quel autre pays européen, ce type de comportement déclencherait un tollé", a-t-il jugé.
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.
La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.
Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi soir sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.
"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.