La nouvelle mobilisation de samedi vise à maintenir la pression deux jours avant une conférence sociale avec les syndicats et le patronat convoquée lundi matin à Matignon, et des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l'après-midi.
Dans un courrier vendredi aux partenaires sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social très chaud, assure "entend(re) les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d'achat" et les "inquiétudes" des employeurs. Cette conférence "permettra de présenter les réponses concrètes aux attentes des Français", affirme-t-il.
Les Gilets jaunes prévoient au total quelque 120 actions samedi partout sur le territoire, selon leur carte interactive vendredi soir, loin des quelque 1.700 actions revendiquées pour leur acte I du 17 octobre.
À l'image de la journée de mobilisation de jeudi qui s'est "globalement bien déroulée" selon le ministère de l'Intérieur, les autorités veulent à tout prix éviter que se reproduisent les scènes d'émeutes et de pillages du 17 octobre.
Le dispositif massif de sécurité en vigueur depuis lors est donc "reconduit" vendredi, avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
L'intersyndicale de jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester samedi "contre la vie chère et pour la jeunesse" au sein d'un cortège autorisé, sur le même tracé que jeudi, reliant les places de la République à celle de la Nation.
La coordination des Gilets jaunes a elle décidé de faire cavalier seul, marquant clairement ses distances avec les syndicats. Elle appelle à un rassemblement distinct et interdit par les autorités, place de la Concorde.
"Nous irons à Concorde à 14H00 et nous y resterons jusqu'à 19H00", a déclaré à la presse vendredi Benjamin Ball, membre de leur coordination, à la sortie de la préfecture de police de Paris qui a interdit l'action. "Nous appelons à désobéir massivement", a-t-il prévenu.
Le choix n'a rien d'un hasard, explique l'avocat des Gilets jaunes, David Libeskind : la Concorde est "un lieu emblématique, près de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques".