Une centaine de gilets jaunes se sont rassemblés samedi en début d'après-midi place de la Concorde à Paris, malgré l'interdiction officielle, tandis qu'un des chefs de file du mouvement a été interpellé devant l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les manifestants - sans gilets jaunes pour la plupart - ont été rapidement entourés d'un cordon de CRS sur la place située en bas de l'avenue des Champs-Élysées.
Ils "sont en train d'être contrôlés par les forces de l'ordre", a indiqué la préfecture de police de Paris dans un message à la presse.
"Je ne peux pas vivre avec mon 40 heures par semaine", a témoigné l'une des manifestantes, Marie, Parisienne de 20 ans. "Tout augmente sauf les salaires, ils (les dirigeants) mangent des pop-corn en nous regardant nous faire massacrer", a-t-elle ajouté.
En face de la place de la Concorde, devant l'Assemblée nationale, Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, et la porte-parole du mouvement Azelma Sigaux ont eux été interpellés en début d'après-midi dans le calme, a constaté une journaliste de l'AFP.
La coordination des gilets jaunes avait appelé à un rassemblement samedi place de la Concorde à Paris, qui a été interdit par la préfecture de police, refusant de rejoindre un parcours intersyndical autorisé.
Le choix de la place de la Concorde a été fait car c'est "un lieu emblématique, près de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques", avait expliqué David Libeskind, avocat des gilets jaunes.
Des milliers de personnes sont attendues dans les rues en France pour le quatrième samedi consécutif, sous haute sécurité, deux jours après une mobilisation nationale de grande ampleur à l'appel des syndicats.
La mobilisation de ce samedi 7 novembre marque un net recul du nombre de manifestants sur l’ensemble du territoire national, confirmant la baisse observée au fil des dernières semaines, indique l'entourage du ministre de l'Intérieur
À 14h, 7.000 personnes participaient à 68 actions, contre 15.000 participants à 65 actions le samedi 31 octobre, 37.000 participants à 108 actions le samedi 24 octobre et 67.000 participants à 198 actions le samedi 17 octobre.
18 interpellations ont été réalisées, contre 27 à la même heure la semaine précédente. Plus de 15.600 contrôles préventifs ont également été effectués.
Une intersyndicale de lycéens, étudiants et enseignants, a appellé à la grève dans l'éducation ce mardi 10 novembre.
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Samedi matin, un très important dispositif de police était visible aux abords de la célèbre place parisienne, en face de l'Assemblée nationale et à peu de distance de l'Elysée, pour faire respecter l'interdiction.
La préfecture de police a indiqué sur X avoir procédé à 847 contrôles à 11h00 dans les gares à Paris et en petite couronne.
Un rassemblement prévu plus tôt dans la matinée par des gilets jaunes près de la Tour Eiffel n'a finalement pas eu lieu, selon les constatations de l'AFP sur place.
La nouvelle mobilisation de samedi vise à maintenir la pression deux jours avant une conférence sociale avec les syndicats et le patronat convoquée lundi matin à Matignon, et des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l'après-midi.
Dans un courrier vendredi aux partenaires sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social très chaud, assure "entend(re) les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d'achat" et les "inquiétudes" des employeurs. Cette conférence "permettra de présenter les réponses concrètes aux attentes des Français", affirme-t-il.
Les Gilets jaunes prévoient au total quelque 120 actions samedi partout sur le territoire, selon leur carte interactive vendredi soir, loin des quelque 1.700 actions revendiquées pour leur acte I du 17 octobre.
À l'image de la journée de mobilisation de jeudi qui s'est "globalement bien déroulée" selon le ministère de l'Intérieur, les autorités veulent à tout prix éviter que se reproduisent les scènes d'émeutes et de pillages du 17 octobre.
Le dispositif massif de sécurité en vigueur depuis lors est donc "reconduit" vendredi, avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
L'intersyndicale de jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester samedi "contre la vie chère et pour la jeunesse" au sein d'un cortège autorisé, sur le même tracé que jeudi, reliant les places de la République à celle de la Nation.
La coordination des Gilets jaunes a elle décidé de faire cavalier seul, marquant clairement ses distances avec les syndicats. Elle appelle à un rassemblement distinct et interdit par les autorités, place de la Concorde.
"Nous irons à Concorde à 14H00 et nous y resterons jusqu'à 19H00", a déclaré à la presse vendredi Benjamin Ball, membre de leur coordination, à la sortie de la préfecture de police de Paris qui a interdit l'action. "Nous appelons à désobéir massivement", a-t-il prévenu.
Le choix n'a rien d'un hasard, explique l'avocat des Gilets jaunes, David Libeskind : la Concorde est "un lieu emblématique, près de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques".