Egypte : libération d'une femme détenue pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel

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Amal Fathi avait été arrêtée en mai pour "diffusion de fausses informations" après avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo où elle dénonçait le harcèlement sexuel. Photo d'illustration. © MOHAMED EL-RAAI / AFP
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Amal Fathi, arrêté en mai dernier puis condamné à de la prison avec sursis, a été libéré jeudi, a annoncé son mari.

Une militante pour la défense des droits humains en Egypte, arrêtée et détenue depuis septembre pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans ce pays, a été libérée jeudi, a annoncé son mari.

Une vidéo où elle dénonçait le harcèlement sexuel. Âgée de 34 ans, Amal Fathi avait été arrêtée en mai pour "diffusion de fausses informations"  après avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle avait critiqué le manque d'action des autorités face au harcèlement sexuel que subissent les Égyptiennes.

Poursuivie dans deux affaires. Mère de famille, Amal Fathi avait été placée en détention avant d'être condamnée à deux ans d'emprisonnement avec sursis dans cette affaire.  Elle avait été ensuite maintenue en détention dans le cadre d'une autre affaire dans laquelle elle est poursuivie par le parquet de la Sécurité d'Etat pour "appartenance à un groupe terroriste" et "diffusion de fausses informations".

La semaine dernière, la justice égyptienne avait ordonné sa libération conditionnelle dans le cadre de cette deuxième affaire. "Elle est sortie aujourd'hui" de prison, a indiqué jeudi son mari Mohamed Lotfy, lui-même militant des droits de l'homme.

Un jugement attendu le 30 décembre. Le 30 décembre, une cour d'appel doit se prononcer sur le premier jugement relatif à l'affaire de la vidéo dénonçant le harcèlement sexuel. La justice pourrait cette fois la priver du bénéfice du sursis décidé en première instance, selon son mari. "Dans aucune des deux affaires, elle n'est innocentée", a-t-il souligné.

De graves violations dénoncées par les ONG. Les ONG égyptiennes et internationales accusent régulièrement l'Egypte d'utiliser la lutte anti-terrorisme pour réprimer les voix dissidentes. Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi à l'été 2013, les organisations de défense des droits de l'homme accusent régulièrement l'Egypte de graves violations.

60% des Égyptiennes victimes de harcèlement. Selon une étude de l'ONU publiée en 2017, quelque 60% des femmes ont été victimes de harcèlement en Egypte, où elles sont confrontées aux remarques obscènes voire aux attouchements. En septembre, l'ONG Amnesty International avait qualifié la condamnation de Amal Fathi de "scandaleuse", estimant qu'elle avait simplement "eu le courage de dénoncer le harcèlement sexuel".