Donald Trump menace l'Iran de représailles et l'Irak de sanctions

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Donald Trump 2:01
Donald Trump a exigé le remboursement d'une base militaire américaine aux Irakiens. © Brendan Smialowski / AFP
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Depuis la mort dans un raid américain vendredi à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani, le monde entier redoute une escalade, voire une véritable déflagration, entre les États-Unis et l'Iran. 

Le président des États-Unis Donald Trump a menacé dimanche l'Iran de représailles majeures et l'Irak de sanctions après un vote du Parlement réclamant l'expulsion des troupes américaines de ce pays. Depuis l'avion présidentiel Air Force One qui le ramenait à Washington après deux semaines de vacances en Floride, le locataire de la Maison-Blanche n'a rien fait pour apaiser les inquiétudes après la mort dans un raid américain, vendredi, à Bagdad, du puissant général iranien Qassem Soleimani.

Interrogé sur l'attitude de Téhéran, qui crie "vengeance" et promet une riposte "militaire", il a opté pour un ton très dur : "S'ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures." Le tempétueux président a par ailleurs maintenu sa menace de détruire des sites culturels iraniens. "Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (…) et nous n'avons pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Cela ne marche pas comme ça", a-t-il lancé.

"Non à l'Amérique !"

Dimanche soir, comme la veille, des roquettes se sont abattues près de l'ambassade américaine dans la Zone verte de Bagdad, sans faire de victimes, selon des témoins. Depuis plus de deux mois, des dizaines de roquettes ont frappé des zones où se trouvent diplomates et militaires américains en Irak, tuant un sous-traitant américain fin décembre.

Les assassinats du général Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces de sécurité, ont créé un consensus rare contre les États-Unis en Irak, secoué depuis des mois par une révolte notamment contre la mainmise de l'Iran. Au Parlement, en l'absence des députés kurdes et de la plupart des députés sunnites, de nombreux élus ont scandé "Non à l'Amérique !".

Le chef du Parlement Mohammed al-Halboussi a ensuite lu une décision qui "contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d'aide" au Conseil de sécurité de l'ONU pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) - et donc à retirer son invitation à la coalition internationale. Cette dernière a déjà dit avoir "suspendu" le combat contre l'EI, car elle se consacre désormais "totalement" à la protection de ses troupes.

Marée humaine

Dénonçant des "violations de la souveraineté de l'Irak", Bagdad a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur américain et porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Les morts de Soleimani et Mouhandis ont suscité une immense émotion en Irak et en Iran. Dimanche, une marée humaine d'hommes et de femmes en pleurs criant "Mort à l'Amérique" a déferlé dans plusieurs villes d'Iran, notamment la cité sainte chiite de Machhad (nord-est) où le cercueil de Soleimani est arrivé.

Quelque 5.200 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak. Si la vote a été salué par l'Iran, Donald Trump a très vivement réagi, évoquant la possibilité d'imposer des sanctions "très fortes" à l'encontre de Bagdad. "S'ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n'en ont jamais vu auparavant", a-t-il lancé. "Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas !", a-t-il martelé.

Europe 1
Par Gwendoline debono, envoyée spéciale à Bagdad, avec AFP