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Nicolas Tonev
Près de deux ans après le début de l'invasion russe en Ukraine, le moral des troupes ukrainiennes est au plus bas. Manque de munitions, d'armes, de soldats… Difficile pour les hommes mobilisés sur le front de tenir dans le temps, alors que les nuages s'accumulent au-dessus de leurs têtes, comme témoigne au micro d'Europe 1 un officier mobilisé sur le front.

À l'approche du triste anniversaire des deux ans de l'invasion russe en Ukraine, les nuages s'accumulent au-dessus de l'armée du pays : aides occidentales au ralenti, manque de munitions, manque d’armes, manque de soldats, troupes démoralisées… Difficile d’obtenir des informations de première main sur l’état réel des troupes. Mais Europe 1, sur le terrain, a pu recueillir le témoignage d'un officier de l'armée ukrainienne, une parole rare ces dernières semaines. 

À l'évocation du manque de munitions sur le front, l'officier qui, pour des raisons de confidentialité, ne communique aucune information sur son identité ou celle de son unité, ne cache pas son désespoir. Lorsqu'il aborde le sujet, un flot d'injures sort de sa bouche. "Quand les Russes commencent à tirer au mortier sur nos positions, nous avons le rapport des gars à la radio et on n’est pas capable de répliquer car on n’a pas d’obus. C’est… bordel, vraiment mauvais. Ça me les brise de juste regarder… Ce n'est pas bon", juge-t-il au micro d'Europe 1. 

La menace des drones suicide

Et aux rafales d’obus s’ajoutent dorénavant les nuées de drones russes kamikazes qui viennent harceler ses hommes : "Au moment du nouvel An, il y a eu la plus grosse vague de drones FPV. Ils nous en ont lancé environ 140 par jour ! Et en ce moment, on s’en prend de 60 à 70 par jour, chaque putain de jour. Ils en ont tellement, je ne sais pas où ils les prennent", s'alarme l'officier. 

Le drone suicide devient la hantise des soldats par sa capacité à chercher sa cible d’une manière presque personnelle. L’officier confie que son QG de combat a déjà été touché à plusieurs reprises.