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Des ventes en baisse de 23% en un an : pourquoi l'immobilier neuf continue-t-il de s'enfoncer dans la crise ?

[Damien MEYER / AFP]

Le marché de l'immobilier neuf continue de s'enfoncer dans la crise. Au deuxième trimestre 2026, tous les indicateurs du secteur sont au rouge. Mais pourquoi le secteur traverse-t-il une zone de turbulences ? Europe 1 fait le point.

La crise semble insurmontable. Le marché de l'immobilier neuf continue sa lente descente aux enfers en 2026. "C'est le pire trimestre de notre histoire" résume ainsi Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Ainsi, au deuxième trimestre de cette année, les promoteurs ont vendu seulement 19.356 logements, soit une chute de près de 23,6% par rapport au deuxième trimestre 2025 et même de plus de 54% par rapport à 2021, dernière année dynamique pour le secteur.

Un chiffre dramatique, alors que la France fait face depuis de nombreuses années à une pénurie de logements. Et aucun indicateur ne permet de reprendre confiance dans une possible fin de crise. Ainsi, le nombre de permis de construire déposés continue de diminuer (-19,8% par rapport à l'an dernier), et le nombre de logements mis à la vente diminue dans les mêmes proportions (-17,9%). 

Une vie politique instable qui impacte les ménages

La première chute remonte à mars 2022, date à laquelle la BCE a commencé à remonter ses taux afin de limiter l'inflation, alors que la guerre en Ukraine se déroulait depuis seulement quelques semaines. 

Depuis, le marché ne s'est pas remis. Et la situation politique et économique française instable et peu encline à se projeter dans l'avenir, n'aide pas. Ainsi, selon une étude XTB qu'Europe 1 révélait en exclusivité ce mercredi, un Français sur deux a fait le choix de reporter ses investissements face à la situation économie, politique et fiscale de la France. 

Un dispositif Jeanbrun qui peine à trouver son public

Malgré la situation, le gouvernement a bien tenté de relancer la demande, notamment grâce au dispositif Jeanbrun, qui instaure l'amortissement des revenus locatifs et la déduction des charges liés aux appartements, venant ainsi remplacer l'ancien dispositif fiscal appelé Pinel. Objectif, ramener les investisseurs privés, indispensables au marché. 

Mais force est de constater que le dispositif ne prend pas. Ainsi, la FPI assure que le dispositif n'a représenté que "150 à 200 réservations par mois", sur le millier de logements réservés par mois par les investisseurs particuliers. 

Un chiffre très loin de l'objectif fixé à près de 4.000 réservations par mois. Et le tableau ne devrait pas s'éclaircir au moins avant l'élection présidentielle, alors que la France voit ses taux d'emprunts poursuivre leur hausse et que la guerre en Iran augmente le coût des matériaux.