Des médias pointent le FSB dans l'empoisonnement de Navalny

  • A
  • A
© Vasily MAXIMOV / AFP
Partagez sur :
D'après une enquête menée par plusieurs médias, des experts en armes chimiques des services spéciaux russes auraient pris en filature l'opposant russe Alexeï Navalny, y compris le jour de son empoisonnement présumé. 

Plusieurs médias, dont le site Bellingcat, l'américain CNN et l'allemand Der Spiegel ont publié lundi une enquête accusant des experts en armes chimiques des services spéciaux russes d'avoir filé l'opposant Alexeï Navalny, y compris le jour de son empoisonnement présumé

La Russie nie un empoisonnement

La Russie a, à maintes reprises, démenti que l'opposant ait été empoisonné à Tomsk le 20 août, et affirmé que la substance toxique de type Novitchok détectée par des laboratoires occidentaux après son hospitalisation en Allemagne n'était pas présente dans son organisme lorsqu'il était traité en Russie. Bellingcat publie noms et portraits de ces hommes présentés comme des spécialistes des substances chimiques, comme l'agent neurotoxique ayant visé l'adversaire numéro 1 du Kremlin.

Une filature régulière de Alexeï Navalny depuis 2017

Ils assuraient une filature régulière de Alexeï Navalny depuis 2017, selon cette source, qui a analysé quantité de données notamment téléphoniques et de voyages ayant fait l'objet de fuites en ligne en Russie. "Ces agents étaient dans les parages du militant d'opposition dans les heures et les jours couvrant la période durant laquelle il a été empoisonné par une arme chimique militaire", estime Bellingcat, qui a détecté 37 voyages depuis 2017 durant lesquels Alexeï Navalny a été suivi par un ou plusieurs de ces agents.

"Je sais qui a voulu me tuer, je sais où ils habitent, je sais où ils travaillent, je connais leurs vrais noms"

"La charge de la preuve en vue d'une explication innocente semble reposer sur le seul Etat russe", a estimé ce site, qui ne précise pas avoir contacté le FSB ou le Kremlin pour commentaire. Selon CNN, la présidence russe a refusé de commenter l'enquête et le FSB n'a pas répondu à sa demande. L'article n'établit aucun contact direct entre ces agents et l'opposant, ni de preuve d'un passage à l'acte ou d'un ordre donné. "Je sais qui a voulu me tuer, je sais où ils habitent, je sais où ils travaillent, je connais leurs vrais noms, je connais leurs alias et j'ai leurs photos", a réagi Alexeï Navalny, qui reprend en détail l'enquête des médias sur son blog.

Bellingcat a identifié à plusieurs reprises ces dernières années grâce à des données récoltées en ligne des agents présumés impliqués dans des opérations des services spéciaux russes, des accusations toujours rejetées par Moscou. Le site a notamment publié les noms des hommes du renseignement militaire russe responsables, selon lui, de l'empoisonnement en Angleterre au Novitchok d'un ex-agent double, Sergueï Skripal.