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De 211% à 33% d'inflation : comment le président Javier Milei a stabilisé l'économie de l'Argentine

Javier Milei et son "plan tronçonneuse". [SAUL LOEB / AFP]

À la tête de l'Argentine depuis fin 2023, Javier Milei est parvenu à ramener l'inflation gigantesque de son pays à 33%, au prix d'une grande politique d'austérité. En déplacement en France jusqu'au 2 octobre, le chef de l'État argentin continue sa quête de nouveaux investisseurs étrangers, alors que de nombreux indicateurs peinent à revenir dans le vert.

Si un objet peut résumer la politique de Javier Milei en Argentine, c'est bien la tronçonneuse, dont il est devenu indissociable. Le président argentin ultralibéral, élu depuis fin 2023, avait fait campagne en promettant de diminuer drastiquement les dépenses publiques. Résultat, trois ans plus tard, l'inflation du pays - à hauteur de 211% lors de sa prise de fonction - a été ramenée à 33%, et les comptes publics argentins affichent désormais un excédent. Tout cela au prix d'une grande politique d'austérité.

Une thérapie de choc

Dès son arrivée au pouvoir, Javier Milei engage une thérapie de choc, en réduisant les subventions publiques aux transports et à l'énergie. La dévaluation de plus de 50% de la monnaie du pays, le peso, fait exploser le niveau de l'inflation, qui passe d'un taux annuel de 95% en 2022 à 211% fin 2023. Celui qui se définit comme un "anarcho-capitaliste" taille également dans les dépenses au sommet de l'État en supprimant la moitié des ministères.

Le gouvernement argentin entreprend aussi une série de dérégulations dans les secteurs du commerce, des services et de l'industrie. Les privatisations sont facilitées, et le droit du travail est flexibilisé. Dès le premier trimestre 2024, l'Argentine dégage un premier excédent budgétaire depuis 2008 (+0,2 point de PIB). Mais la consommation des ménages s'effondre, et le pays plonge dans une grave crise sociale et économique. Le taux de pauvreté dans le pays atteint alors 50%.

Le Fonds monétaire international (FMI) salue les efforts du gouvernement, et accorde un prêt de 4,7 milliards de dollars à l'Argentine, alors en pleine récession économique. En 2024, l'inflation annuelle redescend toutefois à 118%, avec une contraction d'1,8% de son économie sur l'ensemble de l'année.

Retour de la croissance en 2025

La croissance en Argentine fait son grand retour en 2025, avec +4,4%. Un regain dû essentiellement au secteur agraire, grâce à une récolte de blé parmi les plus rentables des dernières années. Le secteur minier et les services financiers enregistrent aussi, dans un degré moindre, une croissance marquée. L'embellie ne profite pas à d'autres secteurs, notamment l'industrie et le commerce. En parallèle, l'inflation est maîtrisée, et ramenée à 33%.

Ces trois années d'austérité ont fortement éprouvé l'industrie, l'emploi et la consommation en Argentine, troisième économie d'Amérique latine. La pauvreté, rompant avec une tendance à la baisse, a rebondi de quatre points au premier semestre 2026, touchant près d'un Argentin sur trois. Et l'économie, officiellement en croissance (2% sur un an), s'est contractée de 0,6% au deuxième trimestre. Puis de nouveau en juillet. Les spécialistes parlent ainsi de "stabilisation récessive" de l'économie du pays.

C'est pourquoi Javier Milei cherche de nouveaux investisseurs étrangers. En 2026, le gouvernement argentin a lancé le forum d'affaires "Argentina Week", sur le même principe que le forum "Choose France" d'Emmanuel Macron, pour attirer ces investisseurs. Après une première édition aux États-Unis, pays dont le président argentin est proche, une deuxième édition est organisée en France, à Paris, du 30 septembre au 2 octobre. L'Hexagone est le 7e investisseur direct en Argentine.