Ukraine 2:04
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Marion Gauthier , modifié à
La crise ukrainienne est au cœur de la réunion des Nations Unies ce lundi alors que les tensions sont de plus en plus fortes et que 100.000 soldats russes sont toujours postés à la frontière. Dans le Donbass, la guerre dure depuis huit ans et a déjà fait 14.000 morts. Des villages sont en ruines, comme celui d'Opytne, où Europe 1 s'est rendue. 

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont brandi dimanche la menace de nouvelles sanctions contre la Russie, au moment où Washington et ses alliés de l'Otan intensifient leurs efforts pour dissuader Moscou d'envahir l'Ukraine, qui elle-même a appelé le pays voisin à retirer ses troupes de la frontière et à dialoguer. A Opytne, à 1 kilomètre du front, là où l’armée ukrainienne affrontent les pro-russes depuis 8 ans maintenant, un village est détruit par les bombardements. L'envoyée spéciale d'Europe 1 est allée à la rencontre des habitants.

La tension augmente

Un étroit escalier descend sous terre dans l’obscurité. Derrière un épais rideaux, une couchette, un vieux poêle, une télévision, et tout juste la place de se mettre debout. Sacha habite cette cave depuis 8 ans. Depuis que deux obus ont éventré sa maison. "Si j'avais pu imaginer que la guerre durerait si longtemps, je serais parti ! Mais maintenant, je ne veux plus", assure-t-il.

Le vieil homme a le regard doux, les mains et les vêtements usés. Il tend l’oreille et note un calme inhabituel : moins de tirs, mais une tension, qui augmente. "Des deux côtés, ils amassent des armes. Nous, nous vivons dans l’attente que quelque chose de grave arrive. Dieu nous préserve d’une grande guerre. On rêve que tout ça s'arrête", poursuit Sacha. 

thumbnail_Il tient à peine debout dans cette petite cave où il vit depuis 8 ans. Un poele, une couchette, une petite télévision remplissent l'espac...

© Marion Gauthier/Europe 1

 

"Il n'y a plus de joie ici"

La petite rue scintille, mais sous la neige s’alignent des portails défoncés et des murs effondrés. "Il n’y a plus de joie ici", soupire Larissa. Elle vit entre deux ruines. Du plastique sur le toit et les fenêtres, des sacs de ciment dans le salon pour renforcer les murs troués par la guerre, la sexagénaire affiche pourtant un grand sourire en servant du thé et des gâteaux. Puis elle se souvient des premières années de combat, les plus violentes. "Les éclats d’obus pleuvaient sur nous. On les entendait qui tombaient puis on entendait les prochains obus qui arrivaient. Il fallait se pencher, s’allonger… J’avais une peur panique de m’allonger, et que l’obus explose à côté", assure-t-elle.

Avant d’être pilonné, le village comptait près de 250 habitants rappelle-t-elle. Ils ne sont plus que 40 aujourd’hui.