Crise des carburants : les industriels américains du pétrole appellent Donald Trump à ne pas bloquer les exportations de diesel

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avec AFP
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Un camion rentre dans une station-service Shell, devant une raffinerie de Marathon Petroleum, à Carson (Californie). [Patrick T. Fallon / AFP]

Après des déclarations de Donald Trump se disant favorable à l'arrêt des exportations de diesel, les organisations du secteur ont exhorté le président américain à ne pas mettre en place cette mesure. Ils soutiennent qu'une baisse de la production pourrait créer une pénurie et une hausse des prix pour les consommateurs américains.

Plus d'une trentaine d'organisations représentant le secteur pétrolier américain ainsi que des chambres de commerce fédérale et locales ont appelé Donald Trump à ne pas interdire les exportations de diesel américain, estimant que cela entraînerait une hausse des prix et des problèmes d'approvisionnement. Le chef de l'État s'est déclaré mardi favorable à une interdiction des exportations de diesel américain, alors que les prix des carburants ont flambé en raison de la guerre au Moyen-Orient.

"Nous vous pressons de rejeter les appels à interdire ou à limiter les exportations de diesel et d'autres produits" pétroliers, ont écrit ces organisations, dans une lettre adressée mercredi au président et rendue publique jeudi.

De possibles "pénuries" et des "prix supérieurs"

Selon les signataires, une telle décision "provoquerait une production inférieure de carburant, des approvisionnements plus tendus et une hausse des coûts pour les foyers américains, les agriculteurs et les chauffeurs routiers". Ils affirment que les raffineries du pays "tournent à pleine capacité pour alimenter les États-Unis et pour aider à stabiliser le marché mondial des carburants".

Ils ajoutent qu'elles produisent davantage que la demande aux États-Unis ce qui permet d'en exporter en Amérique latine et en Europe. Par conséquent, d'après eux, une interdiction d'exportation laisserait également un vide que les concurrents des raffineurs américains s'empresseraient de combler.

Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates, a expliqué à l'AFP que les raffineurs, faute de capacités de stockage pour absorber l'excédent, seraient contraints de réduire ou de suspendre leur production de gazole mais, ce faisant, ils "produiraient également moins d'essence, de kérosène et d'autres produits pétroliers". "Cela pourrait entraîner des pénuries d'essence et des prix supérieurs à la pompe", a-t-il prévenu.

Parmi les signataires figurent la Chambre de commerce des États-Unis et de plusieurs États, ainsi que l'American Petroleum Institute (API) ou encore des associations professionnelles d'industriels du gaz et du pétrole dans des Etats et des régions très impliqués dans ce secteur (Texas, Oklahoma, Louisiane, etc). Le sujet est hautement politique aux États-Unis, où la flambée des prix à la pompe fait craindre aux Républicains une défaite lors des élections législatives de mi-mandat, début novembre.

Le gallon (3,78 litres) de diesel a atteint un record historique mardi à 6,53 dollars en moyenne, contre 3,69 dollars un an plus tôt, selon l'association automobile américaine (AAA).