Après le blocage du détroit d’Ormuz, puis la prise de contrôle de Bab el-Mandeb par les Houthis du Yémen, les États-Unis planchent sur une alternative majeure : un oléoduc reliant les champs pétroliers irakiens à la Méditerranée en passant par la Syrie.
Après le blocage du détroit d’Ormuz, c’est désormais celui de Bab el-Mandeb qui est sous pression. Cette voie maritime stratégique, située entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, est depuis ce vendredi sous le contrôle des rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran. Une nouvelle extension du domaine de la guerre entre Téhéran et les États-Unis, avec des conséquences directes sur les routes mondiales du pétrole.
Face à cette situation, Washington planche sur un projet colossal pour contourner le golfe Persique : un oléoduc reliant les champs pétroliers irakiens à la Méditerranée, en passant par la Syrie. Sur le papier, le tracé est spectaculaire. Le pipeline partirait de Bassora, sur les rives irakiennes du golfe Persique, pour rejoindre le port syrien de Banias, en mer Méditerranée.
Au total, 1.600 kilomètres de tuyaux, avec une capacité envisagée de deux millions de barils par jour. Ce projet représente l’une des alternatives les plus ambitieuses pour contourner le détroit d’Ormuz, par où transitaient environ 20 millions de barils par jour avant la guerre. En offrant une sortie directe vers la Méditerranée, l’oléoduc permettrait de réduire la dépendance aux routes maritimes les plus exposées. Le projet est porté par la nouvelle Syrie d’Ahmed al-Charaa.
La protection d’un oléoduc traversant le pays serait donc un enjeu majeur
Il bénéficie aussi du soutien des pays du Golfe, de la Turquie et surtout des États-Unis. Il s’est concrétisé cet été avec la signature d’un protocole d’accord pour son développement. Le chantier doit être piloté par le pétrolier américain Chevron, aux côtés notamment de TotalEnergies. Une implication qui illustre l’importance stratégique de cette future infrastructure pour les pays occidentaux et leurs alliés régionaux.
Mais le projet, qui n’est pas encore lancé, ressemble déjà à un marathon. Sa construction prendrait au moins deux ans et demi, pour un budget estimé à 5,7 milliards de dollars. Et les obstacles sont nombreux. Le premier défi est sécuritaire. En Syrie, le nouveau régime fait toujours face aux menaces terroristes de l’État islamique.
La protection d’un oléoduc traversant le pays serait donc un enjeu majeur, dans un territoire encore fragile. Côté irakien, le pipeline devrait passer par l’ouest du pays, une zone où les milices pro-Iran restent influentes. Là encore, la sécurisation du tracé s’annonce complexe.
La protection d’un oléoduc traversant le pays serait donc un enjeu majeur, dans un territoire encore fragile. Côté irakien, le pipeline devrait passer par l’ouest du pays, une zone où les milices pro-Iran restent influentes. Là encore, la sécurisation du tracé s’annonce complexe. Washington s’est donc engagé à prendre part à la protection de la future infrastructure. .