L'Italie et le Danemark ont appelé à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, après l'arrivée de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc. Cependant, ce territoire de 18,5 km², tout comme Melilla, autre enclave espagnole au Maroc, n'appartient pas à cet espace de libre-circulation.
La crise migratoire à Ceuta braque les projecteurs sur cette enclave espagnole de 18,5 km², située sur la côte nord du Maroc. Quelque 60.000 migrants ont tenté de pénétrer illégalement sur ce territoire, déclenchant la colère de pays européens auprès de l'Espagne. L'Italie et le Danemark ont ainsi appelé à suspendre Madrid de l'espace Schengen.
Un double contrôle
Or, l'enclave de Ceuta, tout comme celle de Melilla, au nord-est du Maroc, n'appartient pas, par dérogation, à cet espace de libre-circulation. Comme le rappelle le gouvernement espagnol, ces deux territoires sont soumis à un régime spécifique, "unique en Europe". Ainsi, les contrôles de police sont effectués "à la sortie" de l'enclave, "par voie maritime ou aérienne, les deux seules voies d'accès".
Le gouvernement précise donc qu'une personne venant du Maroc, qui veut rejoindre l'Espagne continentale via l'une de ces enclaves, est contrôlée à deux reprises : à la frontière avec le Maroc, et au départ de l'enclave vers le continent européen. L'objectif : qu'une "entrée irrégulière dans les villes (Ceuta et Melilla) ne constitue jamais une entrée dans le reste de l’espace Schengen", écrit le gouvernement.
Ce dernier martèle, après la crise migratoire de fin juillet : "L'entrée irrégulière à Ceuta ne confère aucun droit de séjour en Espagne, aucun droit de voyager sur le continent et aucun droit de circuler en Europe". Selon les autorités, la quasi-totalité des migrants ayant tenté de pénétrer à Ceuta ont été refoulés.