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«Certains ne sont pas disposés à vivre comme nous» : en Espagne, la régularisation de 500.000 sans-papiers inquiète

[Aline Morcillo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

L'Espagne annonce régulariser prochainement près de 500.000 sans-papiers. Une annonce à contresens de ce qui se passe dans les autres pays d'Europe, et qui n'est pas pour rassurer de nombreux Espagnols, qu'Europe 1 a pu rencontrer. 

C'est une annonce qui fait déjà grand bruit en Espagne : le gouvernement socialiste va régulariser 500.000 sans-papiers. Une décision qui interroge en Europe, alors que la lutte contre l'immigration illégale est érigée en priorité par de nombreux mouvements et gouvernements. Mais qu'en pensent les Espagnols ? Europe 1 est allée à leur rencontre. 

À Gérone, dans le nord-est de l'Espagne, l'immigration est très présente. Ici, des Sud-Américains et des ressortissants africains exercent des métiers souvent peu qualifiés. Mais le nombre croissant de nouveaux habitants en Espagne met la pression sur l'immobilier, au point que la classe moyenne, à l'instar de Juanita, peine désormais à se loger. 

"Nous avions atteint un certain niveau de bien-être"

"Tout le monde cherche à se loger mais personne ne trouve d'appartement, à cause notamment de cette immigration massive", estime-t-elle au micro d'Europe 1. "Et puis, on craint pour notre sécurité, tout ça va de pair", confie-t-elle. 

Une insécurité associée à des difficultés de vivre ensemble, estime Pedro, un autre habitant de la commune. "Nous avions atteint un certain niveau de bien-être, sauf que certains ne sont pas disposés à vivre comme nous", insiste-t-il. C'est justement pour cette raison que Luis milite pour une immigration davantage assimilable : "Si tu viens de Bosnie, si tu viens de Croatie, ce n'est pas la même chose qu'ailleurs", juge-t-il. 

Des profils qui interrogent

Un avis partagé par Jean-Pierre, Français installé en Espagne depuis 15 ans, qui constate que l'on ne sait rien de ces sans-papiers. "Ça peut être des gens qui sont dangereux, mais il faudrait faire des enquêtes sur ces personnes-là". 

 Alors pour rassurer ici, le gouvernement a promis que ceux qui seront régularisés ne devront pas avoir d'antécédents judiciaires, face à une population qui reste plus que dubitative.