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Cellules, fourgon et services secrets.... Boualem Sansal raconte sa libération des geôles algériennes

[Capture d'écran 21 News]

Invité exceptionnel du podcast de Louis Sarkozy, "En Toute Liberté", produit par le média belge "21News", l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal est revenu sur sa libération. Transféré à plusieurs reprises, il finit par se retrouver sur le tarmac d'un aéroport désaffecté où l'attend un jet qui va l'amener à Berlin. 

361 jours. Entre le 16 novembre 2024 et le 12 novembre 2025, Boualem Sansal a été prisonnier du régime algérien, avant de finalement être gracié par le président Tebboune et rapatrié en Allemagne. Invité exceptionnel du podcast de Louis Sarkozy, En Toute Liberté, produit par le média belge 21News et à découvrir sur Europe1.fr, l'écrivain franco-algérien se confie sans filtre sur ce moment décisif. 

Et si l'écrivain estime avoir "appris" qu'il allait être libéré au moins dix fois, quand le temps de la véritable délivrance est venu, les choses se sont passées différemment. "À partir du moment où on a appris que le président allemand avait écrit à Tebboune pour lui demander un geste d'humanité", le bruit de sa libération a commencé à courir dans les geôles algériennes.

Une longue attente

Une rumeur d'autant plus crédible que le président algérien va se faire soigner en Allemagne. On a même dit à l'écrivain : "Il [Tebboune] a fait des cures de désintoxication [en Allemagne] parce qu'il est gros fumeur et alcoolique". "En prison ça discute, ils n'ont que ça à faire", glisse encore Boualem Sansal dans un sourire. 

Malgré la demande de Berlin, "les jours passent, et rien ne se passe. Et puis un matin, le 16 novembre, on vient, très tôt, m'exfiltrer de la cellule, peut-être à 4 heures du matin."

"Je ramasse quelques trucs, je suis les gardiens et ils m'amènent à l'administration de la prison. Et là on commence à me faire 'signe ici, signe là'". Des papiers que l'écrivain signe sans savoir pourquoi. Au total, ce sont environ 15 signatures que devra faire Boualem Sansal. 

Une série de transferts

Ensuite "on me ramène mon sac et on me le donne". Une lueur d'espoir pour l'écrivain qui pense alors être libre. Mais non. "On me met dans un fourgon. Ce n'était pas une libération. Le fourgon roule pendant une heure, les portes s'ouvrent, et je me retrouve dans une autre prison. On prend mes affaires, on fait les listes, on me donne un nouveau numéro d'écrou, et on m'amène dans une cellule." Un coup dur pour Boualem Sansal qui était "presque sûr" de voir enfin sa captivité prendre fin.

Trois heures plus tard, alors qu'il est seul dans sa cellule, la porte s'ouvre de nouveau. "On ramasse mes affaires, on m'amène à l'administration et on fait une levée d'écrou." Encore une fois, l'écrivain est placé à l'arrière d'un fourgon et est transporté. Cette fois-ci, il arrive "à l'hôpital, dans l'unité pénale, et on me remet dans [sa] chambre de malade".

Entretien avec "le patron des services secrets"

Une fois de plus, le répit sera de courte durée, puisque le lendemain matin, Boualem Sansal est amené dans un bureau dans lequel l'attend "un bonhomme", "le patron des services secrets" algériens. L'homme lui pose alors des questions "bizarres".

Une fois l'entretien achevé, Boualem Sansal se retrouve seul, et attend de longues minutes. Des fonctionnaires arrivent alors et lui font signer des papiers avant de le placer à nouveau à l'arrière d'un fourgon.

"A un moment je sens que le fourgon rentre quelque part, puis il s'arrête. Je reste comme ça pendant une demi-heure. Et puis le fourgon s'ouvre, et on me fait sortir. On est dans un ancien aéroport abandonné depuis longtemps. Je vois d'abord beaucoup de policiers partout, et au milieu, un avion, un jet."

"Et au pied de l'avion, il y avait des gens : deux conseillers du président allemand Frank-Walter Steinmeier et l'ambassadeur d'Alger. Et là, on m'amène mon sac et puis on me dit 'vas-y'. "J'arrive au pied de l'avion, il décolle. Deux heures après, on était à Berlin et on m'a directement amené à l'hôpital militaire."