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Carburants : Macron demande à Bruxelles des mesures pour «renforcer» les capacités d'importation et de production

[Thomas SAMSON / AFP]

Emmanuel Macron a demandé à la Commission européenne plusieurs assouplissements afin de "renforcer" les "capacités d'import et de production à court terme" de carburants et de gaz, face à la flambée des prix sur le vieux continent.

Le président français, Emmanuel Macron, demande à la Commission européenne plusieurs assouplissements afin de "renforcer" les "capacités d'import et de production à court terme" de carburants et de gaz, dans une lettre à sa présidente Ursula von der Leyen rendue publique mardi.

"Au vu de la forte dépendance européenne aux importations en provenance du Moyen-Orient, en particulier en ce qui concerne nos importations de kerosène (36%) et de gazole (18%), il me semble utile d'attirer votre attention sur plusieurs points (qui) pourraient collectivement renforcer nos capacités d'import et de production à court terme", écrit le chef de l'État français dans une initiative personnelle, selon l'Élysée.

Il demande d'abord un "assouplissement des spécifications européennes relatives à la qualité des carburants", comme notamment la "masse volumique", la "densité", la "désulfurisation". Cette mesure permettrait, selon Emmanuel Macron, "des gains de production notables", de l'ordre selon lui de "5 à 20%". Il rappelle qu'un tel assouplissement avait été accepté par la Commission lors de la pandémie du Covid-19.

Accélérer les efforts d'électrification

Le président de la République suggère également un "assouplissement des limites d'incorporation de biocarburants", en particulier dans le gazole afin de gagner quelques points de pourcentage de carburant non fossile par litre. Cela permettrait, selon lui, de dégager "des marges supplémentaires pour l'approvisionnement".

Tout en insistant sur une "accélération européenne sur les efforts d'électrification", il demande également un report d'un an du règlement sur les émissions de méthane, un gaz extrêmement polluant.

En vertu de cette législation adoptée par l'UE en 2024, les importateurs de gaz, de pétrole mais aussi de charbon dans l'UE doivent surveiller et déclarer à partir de janvier 2027 les émissions de méthane associées à leurs approvisionnements, afin de limiter les fuites de ce gaz à effet de serre.

Dégager une marge de milliers de barils supplémentaires par jour

La commission européenne a déjà acté en juillet un report de trois ans des amendes auxquelles s'exposaient les entreprises d'hydrocarbures en cas de non-respect de ce règlement. Ces mesures d'urgence, réclamées par la France en raison de l'explosion des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient, ne doivent pas interférer avec les actions de long terme comme l'électrification ou la diversification des approvisionnements, a-t-on précisé à l'Élysée.

Au total, ces mesures pourraient dégager quelques dizaines de milliers de barils par jour, indique-t-on à l'Élysée, très loin de la consommation moyenne d'environ 1,5 million quotidiens en France. Le prix du gazole évoluait toujours lundi autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l'AFP des données publiques. Ceux de l'essence SP98 à 2,28 euros et SP95 à 2,22 euros.