Burkina : l'armée française libère quatre otages, deux militaires tués

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Les deux militaires français, Cédric de Pierrrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite), faisaient partie du commando Hubert.
Les deux militaires français, Cédric de Pierrrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite), faisaient partie du commando Hubert. © HO / MARINE NATIONALE / AFP
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L'opération menée dans la nuit de jeudi à vendredi a permis la libération de quatre otages, dont les deux Français enlevés au Bénin. Deux militaires français ont perdu la vie.
L'ESSENTIEL

L'armée française a libéré quatre otages, dont les deux touristes français enlevés le 1er mai au Bénin, lors d'une opération militaire dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso. Deux militaires français, membres des forces spéciales, ont été tués au cours de l'opération. Quatre ravisseurs ont été tués dans cette zone du Burkina Faso où opèrent plusieurs groupes djihadistes. 

Les infos à retenir : 

  • L'armée française a libéré quatre otages dans la nuit de jeudi à vendredi, lors d'une opération au Burkina Faso
  • Les deux otages français, enlevés au Bénin le 1er mai, ont été délivrés , ainsi qu'une Américaine et une Sud-Coréenne
  • Deux militaires français ont été tués au cours de l'opération, ainsi que quatre ravisseurs

Quatre otages libérés, dont les deux Français enlevés au Bénin

Les deux touristes français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient disparu au cours d’un safari au Bénin, sur la frontière avec le Burkina Faso, une région où opèrent de nombreux groupes djihadistes. Le corps du guide béninois des deux enseignants français avait été retrouvé samedi dans le parc national de la Pendjari. Les deux autres otages, une Américaine et une Sud-Coréenne, étaient otages depuis 28 jours. "Personne n'avait connaissance de leur présence", a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly. Les quatre otages ont été libérés sains et sauf. 

L'opération a été menée, après plusieurs jours de surveillance et de préparation, par les forces spéciales françaises. Les autorités ont saisi l'opportunité de frapper les ravisseurs en raison du risque "de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali, et qui est la Katiba Macina", ce qui aurait dès lors "rendu impossible d'organiser une quelconque opération de libération", a déclaré à la presse le chef d'État major des Armées, le général François Lecointre.

Deux militaires français tués lors de l'opération

Pendant l'opération, deux commandos Marine ont été tués. "Deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales", qui supervise les forces spéciales françaises, a précisé l'Élysée. Emmanuel Macron a rendu hommage aux deux militaires, "qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens" et a adressé "ses sincères condoléances à leurs familles". Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a, de son côté, "salué la libération de 4 otages". Les États-Unis ont adressé leurs "remerciements" à la France pour la libération de l'otage américaine. Lors de l'opération, quatre terroristes ont été tués.

L'identité des ravisseurs reste inconnue

L'identité des preneurs d'otages reste inconnue à ce stade. Il est "trop tôt pour se prononcer", a déclaré Florence Parly. "L'analyse est en cours. Ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l'un à Al Qaïda, pour l'autre à l'EIGS (État islamique au Grand Sahara). Nous n'en savons pas plus pour l'instant", a précisé la ministre des Armées.

Le Burkina Faso est devenu ces dernières années un grand carrefour des groupes djihadistes, qui y opèrent avec une facilité déconcertante et avec des objectifs de plus en plus ambitieux. Depuis 2015, près de 400 personnes ont été tuées dans des attaques djihadistes au Burkina, selon un décompte de l'AFP. 

Le "soulagement" des familles

Jean-Claude Picque, le père de Patrick, a exprimé son "soulagement" après la libération de son fils. "C'est une bonne nouvelle. On va monter à Paris les accueillir à l'avion. On y sera", a-t-il réagi. Les parents de Patrick Picque, installés à Barenton, dans la Manche, ont affirmé avoir appris par un appel du Quai d'Orsay, vendredi matin, que leur fils avait été libéré. "On nous avait dit qu'une prise d'otages, ça peut être très long. Finalement, cela s'est bien passé, mais pour les militaires, non", a regretté Patrick Picque. 

Les deux otages vont être rapatriés en France et sont attendus ce week-end à Paris. Ils seront accueillis par Emmanuel Macron à leur arrivée, prévue à 17 heures à Villacoublay. En début de semaine prochaine, le chef de l'État présidera aux Invalides une cérémonie d'hommage national aux deux commandos de Marine tués dans l'opération.