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Pour Kader Abderrahim, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Algérie invité lundi sur Europe 1, le renoncement d'Abdelaziz Bouteflika permet d'entrevoir des perspectives un peu plus optimistes pour le pays.
INTERVIEW

"C'est une bonne chose pour l'Algérie et c'est une bonne chose pour les Algériens". Lundi, au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1, Kader Abderrahim chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Algérie, s'est réjoui que le président algérien confronté depuis deux semaines à une contestation inédite en 20 ans de pouvoir, ait annoncé lundi soir qu'il renonçait à briguer un 5ème mandat. "La sagesse a fini par triompher. Ça permet d'entrevoir des perspectives un peu plus optimistes que s'il s'était maintenu", estime le spécialiste.

"Il ne faudrait pas que le régime cherche à gagner du temps". Dans un message à la nation publié par l'agence officielle APS, le président algérien précise également le report sine die de la présidentielle prévue le 18 avril. Cela "permet de préparer une véritable transition. Il faut voir maintenant quel calendrier on se fixe car il ne faudrait pas que le régime reprenne la main, cherche à gagner du temps ou joue un nouveau pourrissement."

L'important : "entrer dans un processus démocratique". Pour Kader Abderrahim, l'important aujourd'hui "n'est pas seulement le retrait d'un homme qui n'était plus en capacité d'assumer les charges de sa fonction" mais "d'entrer dans un processus de transition démocratique". "C'est une page de l'Histoire qui se tourne. Cette génération des décolonisateurs ne passe pas la main très spontanément, il a fallu la forcer un peu et la pousser dehors. C'est un peu triste mais c'est souvent comme ça en politique", constate-t-il. Et d'ajouter : si "l'Algérie a vécu son indépendance en 1962, aujourd'hui elle est probablement en train de vivre sa libération, celle de tout un peuple et des structures de son Etat."