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«Boualem Sansal : La Légende» : l'incarcération de l'écrivain, preuve que «la loi algérienne n'a pas été respectée» selon son avocat

[JOHN THYS / AFP]

Emprisonné pendant un an dans les prisons algériennes, Boualem Sansal publie un livre baptisé "La Légende" dans lequel il retrace ces longs mois passés en détention. Pour François Zimeray, premier avocat de l'écrivain interrogé dans le documentaire évènement "Boualem Sansal : La Légende", cette arrestation a été menée au mépris de tout cadre légal... y compris algérien. 

Capturé à sa descente de l'avion. Le 16 novembre 2024, alors qu'il se rend à Alger, l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal est arrêté par les autorités locales sur fond de tension diplomatique entre la France et l'Algérie. S'ensuivra une année de détention dans les geôles algériennes qu'il raconte dans son livre La Légende publié aux éditions Grasset. 

Pour l'occasion, Europe 1 consacre un podcast au documentaire évènement "Boualem Sansal : La légende", diffusé ce mardi soir sur CNews. Un long format dans lequel Boualem Sansal lui-même, mais aussi plusieurs experts, retracent l'arrestation de l'écrivain, puis sa libération et décryptent les coulisses d'un bras de fer diplomatique entre Paris et Alger. 

"Ils invoquent un texte alors qu'eux-mêmes piétinent leurs propres règles"

Parmi les experts interrogés, François Zimeray, premier avocat de Boualem Sansal et ancien ambassadeur de France pour les droits de l'homme, insiste sur l'aspect totalement illégal de l'arrestation de l'écrivain. "J'ai lu et appris le code pénal et le code de procédure pénal algérien. La loi même algérienne n'a pas du tout été respectée". Et de citer pêle-mêle "le droit à la défense, le respect de la présomption d'innocence, l'accès aux dossiers". "Donc ils invoquent un texte alors qu'eux-mêmes piétinent leurs propres règles et les propres règles fondamentales", poursuit François Zimeray. 

Des méthodes qui contreviennent, rappelle-t-il, aux engagements pris par Alger. "L'Algérie a adhéré, a ratifié des traités internationaux sur les droits de l'homme. Ces traités, qui font partie de la légalité algérienne, ont été violés par les autorités algériennes".