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Au moins seize morts dans une attaque de gang à Haïti

[Guerinault Louis / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Une attaque menée par les membres d'un gang dans la nuit de samedi à dimanche sur la localité de Petite-Rivière-de-l'Artibonite en Haïti a tué 16 personnes.

Une attaque menée par les membres d'un gang dans la nuit de samedi à dimanche sur la localité de Petite-Rivière-de-l'Artibonite en Haïti a tué 16 personnes, a indiqué lundi la police locale, un bilan qui pourrait s'élever jusqu'à 80 morts, selon l'ONU.

Dimanche, vers trois heures du matin, des membres d'un gang "ont commencé à incendier des maisons avec leurs occupants à l'intérieur. Les personnes qui tentaient de fuir étaient abattues, tandis que d'autres étaient exécutées à bout portant", décrit à l'AFP Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

"Je crains qu'il y ait plus de victimes"

Il estime déjà le nombre de morts à 70, et craint que le bilan s'alourdisse après une nouvelle attaque survenue lundi à l'aube. La police locale fait état pour l'heure de 16 décès. Cependant, le procureur local, Venson François, s'attend également à une révision à la hausse assurant qu'il est "difficile" pour les autorités de constater les décès sur les lieux de la tuerie.

"Mais je crains qu'il y ait plus de victimes" car l'attaque a été perpétrée la veille d'une fête populaire, a-t-il ajouté. Selon Bertide Horace, porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation pour sauver l'Artibonite (un département d'Haïti), le gang "Gran Grif" serait responsable de l'assaut mené dans cette localité du nord-ouest de Port-au-Prince.

Un carnage en Haïti

Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a évoqué un bilan "allant de 10 jusqu'à 80 personnes tuées". "Cette attaque souligne la gravité de la situation sécuritaire à laquelle est confrontée la population haïtienne. Le secrétaire général de l'ONU appelle le peuple haïtien et les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie", a déclaré Stéphane Dujarric.

D'après un rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme publié la semaine dernière, plus de 5.500 personnes ont été tuées en Haïti entre mars 2025 et mi-janvier en raison des violences de gangs ou d'attaques menées contre eux. Haïti, pays le plus pauvre d'Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements.