Attentats au Sri Lanka : que sait-on des victimes ?

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Les attaques ont notamment visé la communauté chrétienne srilankaise, qui célébrait Pâques.
Les attaques ont notamment visé la communauté chrétienne srilankaise, qui célébrait Pâques. © ISHARA S. KODIKARA / AFP
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Plus de 300 personnes on trouvé la mort dans les attaques kamikazes qui ont frappé le Sri Lanka dimanche. Parmi les victimes se trouve au moins une trentaine d'étrangers, le tourisme restant l’une des principales activités dans cette île asiatique.

Des victimes des quatre coins du monde. Le bilan des attentats de dimanche au Sri Lanka s'est alourdi mardi à 310 morts après que plusieurs blessés aient succombé à leurs blessures, a annoncé la police locale .Au moins 45 enfants et adolescents ont tués, selon un décompte de l'ONU. Le nombre des blessés reste autour de 500. Parmi les nationalités étrangères touchées, l'Inde paie le tribut le plus lourd avec huit citoyens tués, suivie de la Grande-Bretagne avec au moins cinq victimes. 

La Chine, l'Arabie saoudite et la Turquie comptent deux victimes chacune, le Bangladesh, le Japon, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal. Quatre victimes supplémentaires avaient la nationalité américaine et deux autres des passeports australiens et srilankais, selon la liste fournie par le Sri Lanka. Au moins 39 étrangers ont été identifiés comme tués, a fait savoir mardi un haut responsable de la police.

Pas de Français parmi les victimes

Les autorités locales avaient annoncé dans un premier temps qu'un Français figurait parmi les victimes. Cette information n’avait pas été confirmée par le quai d’Orsay lundi. Mais mardi, le Sri Lanka est revenu cette déclaration, affirmant qu'il s'agissait en fait d'une "erreur d'identité". "Le ressortissant français qui était marqué comme tué dans le communiqué de presse du ministère du 22 avril est un cas d'erreur" de nationalité, a déclaré le ministère des Affaires étrangères sri-lankais dans un communiqué.

Le ministère des Affaire étrangères français a toutefois ouvert une cellule de crise, joignable au 01 43 17 51 00 depuis la France, et au 00 94 11 26 39 442 depuis le Sri Lanka. France Diplomatie invite les voyageurs "à respecter les consignes des autorités locales et [à être] coopératifs lors des contrôles de sécurité".

Des familles britanniques endeuillées

"Nous pouvons confirmer que des ressortissants britanniques figurent parmi ceux qui ont été tués dans les horribles attentats perpétrés aujourd'hui au Sri Lanka", a déclaré un porte-parole du Foreign Office dans un courrier électronique. Au moins cinq Britanniques ont été tués dans ces attaques, a précisé une source gouvernementale lundi, quand la presse britannique faisait état mardi matin de huit morts.

The Guardian évoque notamment la mort d’une mère, avocate installée à Singapour, et de ses deux enfants, tués au Shangri-La hotel à Colombo, le kamikaze s’étant fait exploser dans la file d’attente pour le buffet du petit-déjeuner. Deux adolescents, un frère et une sœur âgés de 19 et 15 ans, ont survécu à cette déflagration avant de succomber à leurs blessures un peu plus tard à l’hôpital, rapporte de son côté le Daily Mail, qui cite le témoignage de leur frère survivant.

Un couple originaire de Manchester, mais installé à Perth en Australie, aurait trouvé la mort dans l’attaque du Cinnamon Grand hotel, toujours selon The Guardian

Au moins quatre américains tués

Au moins quatre Américains ont été tués dans ces attaques, et plusieurs autres "grièvement blessés", a annoncé lundi un responsable du département d'Etat américain. Si les autorités américaines se sont refusées à fournir plus d'informations sur les victimes, "par respect pour la vie privée" de leurs proches, l’employeur de l’une d’entre elles a néanmoins tenu à lui rendre hommage.

Dieter Kowalski, décrit comme un technicien "au grand cœur", était en mission de travail au Sri Lanka pour la société britannique de services éducatifs Pearson, lorsqu'il a été tué dimanche. "J'adore ces voyages de travail. 24 heures de vol. A bientôt Sri Lanka !", avait écrit sur Facebook cet homme de 40 ans originaire du Wisconsin, dans le nord des Etats-Unis. Dans un message au personnel, le PDG de Pearson, John Fallon, a rapporté que Dieter Kowalski venait d'arriver à son hôtel de Colombo lorsqu'il a été tué par une des explosions coordonnées. Il devait passer une semaine dans la capitale srilankaise pour résoudre des problèmes techniques avec des ingénieurs locaux, avec lesquels il avait lié amitié lors d'une précédente mission.

Une école privée de Washington, Sidwell Friends, a par ailleurs rapporté qu'un de ses élèves de CM2, âgé d'une dizaine d'années, figurait parmi les personnes tuées dans les attaques. Kieran Shafritz de Zoysa, toujours inscrit à l'école, était au Sri Lanka depuis un certain temps, a écrit le proviseur dans une lettre aux parents, sans préciser la nationalité de l'élève.

Trois enfants de la plus grosse fortune danoise tués dans les attentats

Trois des quatre enfants du milliardaire danois Anders Holch Povlsen, propriétaire du groupe de prêt-à-porter Bestseller et principal actionnaire de l'enseigne en ligne ASOS, ont été tués dans la vague d'attentats, a annoncé lundi un porte-parole du groupe. Selon les médias danois, Anders Holch Povlsen se trouvait en vacances au Sri lanka avec sa femme Anne et leurs quatre enfants au moment des attaques. Aucune indication n'a été donnée sur l'âge des victimes. 

Des victimes parmi les personnels hôteliers et les forces de l’ordre

À Colombo, trois hôtels de luxe en front de mer et une église ont été frappés par les attaques. L’hôtel Le Shangri-La a fait savoir sur Facebook que trois de ses employés étaient morts dans l’attaque, une mère de famille japonaise qui se trouvait dans cet établissement avec son mari et son fils a également été tuée, selon la télévision publique nippone. La chef de cuisine Shanta Mayadunne et sa fille ont également trouvé la mort, selon un message posté par sa famille sur les réseaux sociaux.

Un employé du Cinnamon Grand, cité par la BBC, fait état de quatre victimes dans l’explosion qui a touché le restaurant de cet hôtel.

À Negombo, une localité au nord de la capitale, à proximité de l’aéroport et point de chute de nombreux voyageurs, 67 personnes ont trouvé la mort dans l'église Saint-Sébastien et 25 autres dans une église à Batticaloa, une ville de l'est de l'île, selon la même source. Deux autres déflagrations sont survenues dans les banlieues de Dehiwala, où au moins deux personnes ont péri dans une explosion dans un quatrième hôtel, et Orugodawatta, où un kamikaze s'est fait exploser, tuant trois policiers lors d'une opération de recherches dans une maison, selon la police.

Le Sri Lanka n'avait pas connu un tel épisode de violences depuis la fin de la guerre civile il y a dix ans. Et jamais la minorité chrétienne de l'île, qui représente 7% de la population sur 21 millions de Srilankais, n'avait été la cible d'un tel carnage.