Le gouvernement italien a adopté mardi 20 octobre une série de mesures, après les violences urbaines qui ont éclaté les 17 et 18 octobre dans de nombreuses villes, dans le cadre d’une mobilisation sociale comparable à celle qui secoue la France.
Les revendications sociales ont essaimé dans plusieurs pays d'Europe. En Italie, le mouvement est parti des lycées, avec des appels à faire "comme en France". Après de nombreux blocus d'établissements le 16 octobre, des rassemblements contre la vie chère ont eu lieu le week-end des 17 et 18 octobre dans plusieurs grandes villes. Ils ont, toutefois, dégénéré à Turin, Milan et Bologne, où les actes de pillage et de vandalisme se sont multipliés.
Après ces émeutes, le gouvernement a approuvé un décret créant notamment un délit de "participation violente à une manifestation". Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux à l'issue du Conseil des ministres mardi 20 octobre, la Première ministre Giorgia Meloni a dévoilé plusieurs mesures "pour contrer la violence et protéger la sécurité des citoyens".
Manifestare è un diritto, devastare le nostre città no. Ecco le misure che abbiamo approvato per contrastare la violenza e tutelare la sicurezza dei cittadini. https://t.co/kqk51X8YZa
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) October 20, 2026
Des "bébés casseurs"
Face à ces violences, Giorgia Meloni promet d’être intransigeante : "Qui casse paie. Et si celui qui casse est mineur, ce sont ses parents qui paient." De nombreux adolescents figurent parmi les personnes interpellées, selon les autorités, notamment à Milan. Sur les réseaux sociaux, la vidéo d'un enfant de 11 ans participant au pillage d'un magasin est devenue virale, si bien que l'expression "bébés-casseurs" s'est répandue dans la presse italienne.
Avec ce durcissement de la législation anti-émeutes, les parents de mineurs impliqués pourraient être tenus de payer les dégâts, selon l'ampleur du préjudice. Cette responsabilité existe pourtant déjà dans le droit civil italien. Le décret vise surtout à accélérer l'indemnisation des victimes.
Dans le cas de dégradations publiques, comme un abribus, le préfet pourra adresser à sa famille une injonction de payer. Un commerçant victime de dégâts pourra, quant à lui, saisir un juge afin d'obtenir une ordonnance de paiement immédiatement exécutoire, même si les parents pourront contester la décision. Le décret prévoit notamment des amendes de 500 à 1.000 euros pour les parents de mineurs impliqués dans des violences lors de manifestations.
500 militaires envoyés à Milan
En outre, ce décret crée une nouvelle infraction de "participation violente à une manifestation", ciblant les individus menaçants au sein d'un groupe organisé d'au moins cinq individus. Les suspects risqueront jusqu'à cinq ans de prison et 20.000 euros d'amende.
Les peines pourront être alourdies dans certaines circonstances, notamment si les auteurs dissimulent leur visage ou blessent des personnes. Certaines mesures de rétention préventive, jusqu’ici réservées aux adultes, pourront aussi être étendues aux mineurs.
Alors que les autorités redoutent de nouveaux troubles, notamment samedi 24 octobre, Giorgia Meloni a également annoncé le déploiement de l'armée à Milan jusqu'au 31 décembre. 500 militaires supplémentaires épauleront la police et renforceront la surveillance des bâtiments publics, sans pouvoir de police judiciaire.