Angola : dos Santos cède la présidence du parti au pouvoir après quatre décennies de règne

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Jose Eduardo dos Santos 1280 STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Âgé de 76 ans, Jose Eduardo dos Santos a régné d'une main de fer sur l'Angola de 1979 à 2017. Il cède la place à Joao Lourenço, 64 ans, qui entend lutter contre la corruption.

L'ex-président de l'Angola Jose Eduardo dos Santos, 76 ans, a officiellement quitté samedi la direction du parti au pouvoir, qu'il dirigeait depuis quatre longues décennies, et l'a confiée à son successeur à la tête du pays Joao Lourenço.

Un héritage et des "erreurs". "Aujourd'hui je me lève pour transmettre le témoin au camarade Joao Lourenço", a déclaré Jose Eduardo dos Santos devant les délégués du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) réunis en congrès extraordinaire à Luanda. "Il n'existe aucune activité humaine épargnée par les erreurs, j'assume celles que j'ai faites car on dit que l'on apprend de ses erreurs", a-t-il poursuivi. "Je vous laisse mon héritage pour que vous puissiez continuer à marcher sur des chemins sûrs", a conclu Jose Eduardo dos Santos.

Près de quarante ans de règne. Âgé de 76 ans, Jose Eduardo dos Santos a régné d'une main de fer sur l'Angola de 1979 à 2017. Malade, il ne s'est pas présenté l'an dernier aux élections générales et a cédé la tête du pays à son ancien ministre de la Défense Joao Lourenço. Mais il a conservé jusqu'à samedi la direction du tout-puissant MPLA, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975. Les délégués du MPLA doivent à la mi-journée formellement élire Joao Lourenço, 64 ans, à sa succession.

Des tensions entre les deux hommes. La transition entre les deux hommes a été émaillée de tensions inattendues. Le nouveau président a ainsi méthodiquement écarté les proches de Jose Eduardo dos Santos, dont les membres de sa famille, de la tête des institutions et des entreprises publiques. "Cette année de lutte est derrière nous", a lancé samedi l'ancien président à son successeur. Joao Lourenço a promis de lutter contre la corruption et de remettre sur pied l'économie du deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, qui ne s'est toujours pas remis de la dégringolade des cours de l'or noir en 2014.