Quatre personnes suspectées d'un incendie criminel de pylônes à Berlin en septembre sont visées par une enquête. La coupure de courant, qui a duré 60 heures selon la mairie de Berlin, avait touché plus de 50.000 particuliers et 2.000 entreprises.
La police allemande a mené mardi des perquisitions visant quatre personnes suspectées d'un incendie criminel de pylônes à Berlin en septembre, qui avait provoqué une coupure d'électricité et a été revendiqué par un groupe se disant antimilitariste.
L'ampleur du sinistre avait mis en lumière la nécessité de sécuriser les infrastructures, d'autant qu'il était intervenu dans un contexte d'accusations croissantes du gouvernement allemand, soutien majeur de l'Ukraine, contre la Russie, suspectée d'orchestrer des sabotages en Allemagne et chez d'autres alliés de Kiev.
"L'enquête pour sabotage anticonstitutionnel et autres infractions vise quatre personnes âgées aujourd'hui de 28, 31, 35 et 36 ans", indique un communiqué de la police berlinoise transmis à l'AFP. Elles sont "soupçonnées d'avoir, en agissant ensemble, provoqué une panne de courant aux lourdes conséquences" pour plusieurs quartiers berlinois du sud-est et une commune à proximité, selon la police.
De "nombreux éléments de preuve" saisis
L'enquête est toujours en cours, indique-t-elle, sans préciser si les suspects avaient des motivations politiques. A la demande du parquet de Berlin, 500 policiers ont perquisitionné "plusieurs appartements et sites" dans la capitale, à Hambourg, dans le Land de Rhénanie-du-Nord Westphalie (ouest) et du Brandebourg (est).
De "nombreux éléments de preuve" ont été saisis, notamment "des téléphones, des ordinateurs portables, des documents et des appareils électroniques", détaille la police. Cet incendie avait été commis dans le quartier de Johannistal, au sud-est de Berlin, et avait visé deux pylones électriques.
La coupure de courant, qui a duré 60 heures selon la mairie de Berlin, avait touché plus de 50.000 particuliers et 2.000 entreprises, selon le communiqué. Dans une lettre publiée sur la plateforme en ligne d'extrême gauche Indymedia, un groupe se disant antimilitariste et anarchiste assurait avoir visé le complexe technologique d'Adlershof, regroupant des entreprises et des institutions scientifiques.
"Lutter sans relâche contre les activités d'extrême gauche à tous les niveaux"
Selon l'exploitant du parc, l'incendie avait causé 30 à 70 millions d'euros de dommages aux entreprises qui y sont implantées. Dans un communiqué, le ministre fédéral de l'Intérieur Alexander Dobrindt assure "lutter sans relâche contre les activités d'extrême gauche à tous les niveaux".
En janvier, une autre installation électrique avait été attaquée à Berlin, coupant le courant à quelques 45.000 foyers pendant près d'une semaine. Avec les perquisitions de mardi, la pression "sur les auteurs d'extrême gauche des attentats" de septembre et de janvier "ainsi que sur leurs commanditaires s'est nettement intensifiée", a salué le maire berlinois Kai Wegner sur le réseau X.
Fin janvier, les députés allemands ont adopté une loi pour empêcher les actes de malveillance contre ses infrastructures, ou au moins limiter leurs effets.