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Affaire Jeffrey Epstein : les errements de la justice française

[Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Des révélations, des démissions et des questions. Le retentissement en France de l’affaire Epstein continue de braquer les projecteurs sur les personnalités qui ont croisé la route du criminel sexuel. Parmi eux, un diplomate français, Fabrice Aidan, qui apparaît environ 200 fois dans les documents déclassifiés américains.

Des révélations, des démissions et des questions. Le retentissement en France de l’affaire Epstein continue de braquer les projecteurs sur les personnalités qui ont croisé la route du criminel sexuel.

Fabrice Aidan dans les documents déclassifiés

Parmi eux, un diplomate français, Fabrice Aidan, qui apparait environ 200 fois dans les documents déclassifiés américains.

On apprend qu’il avait déjà été repéré par le FBI pour avoir consulté des sites pédopornographiques avant d’être discrètement exfiltré par le Quai d’Orsay. 

Jack Lang, Fabrice Aidan, Daniel Siad... La justice française savait déjà de nombreuses choses sur ces derniers puisque dès 2019, elle avait en sa possession la boite mail de Jeffrey Epstein.

Le parquet de Paris et le matériel saisi

Le document est daté du 8 juillet 2020. Il émane du parquet de Paris. On y apprend que lors de la perquisition de l’appartement parisien de Jeffrey Epstein, un an plus tôt, les enquêteurs ont retrouvé du matériel informatique.

Dans le disque dur, des photos et des vidéos de jeunes filles, parfois totalement dénudées. Mais surtout, la justice française a mis la main sur le compte Gmail du financier américain.

4.500 courriels sont exhumés, faisant référence, entre autres, à des femmes ou à des rendez-vous. Un CD-Rom est aussi retrouvé. Sur le disque, est inscrit la mention "confidentiel".À l’intérieur, un fichier excel comprenant une liste de 62 noms de femmes. En clair, le parquet de Paris avait il y a six ans déjà, tous les éléments pour enquêter.

Des échanges secrets entre magistrats français et américains

Autre incongruité, que l’on apprend au détour d'un échange de mails entre magistrats français et américains. Quelques jours avant la perquisition du 22 avenue Foch, la justice américaine demande au parquet de Paris de mettre en place un partage d’informations. Impossible répond le parquet, soumis au secret de l’instruction.

En revanche, il est envisagé un échange informel avec les magistrats new-yorkais en cercle qualifié de "particulièrement restreint". Comprendre un circuit court, direct, et qui ne laisse pas de trace.

Les Américains ont-ils demandé aux Français de cesser leurs investigations quand ils ont découvert le contenu de la boite mail ? La question peut être soulevée. À l’époque, le procureur de la république de Paris était Rémi Heitz. Il est aujourd’hui procureur général près la Cour de cassation, pointe de la pyramide de l’ordre judiciaire.