Accord de gouvernement en Allemagne : Daniel Cohn-Bendit est "un peu dubitatif"

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Si Angela Merkel s'est mis d'accord vendredi avec le SPD pour prendre la tête d'un nouveau gouvernement en Allemagne, l'affaire "n'est pas encore gagnée" pour Daniel Cohn-Bendit.

INTERVIEW

On la disait "kaputt", elle est finalement insubmersible. Au terme de cinq journées de tractations difficiles, voilà Angela Merkel filer vers un nouveau mandat de chancelière... Sur le papier, en tout cas. Car si la conservatrice a trouvé sur le fil un accord de gouvernement avec les sociaux-démocrates du SPD, Daniel Cohn-Bendit est "un peu dubitatif" sur ce compromis.

"Une course d'obstacles" à venir. "Elle a réussi son coup. Ce n'était pas gagné d'avance étant donné que les sociaux-démocrates ne voulaient absolument pas refaire une coalition avec elle. Mais attention, ce n'est pas décidé", nuance l'ancien député européen et chroniqueur sur Europe 1. Car se dresse désormais face à la chancelière une véritable "course d'obstacles". Cette entente doit encore être approuvée par un congrès du SPD le 21 janvier puis par un vote des quelque 500.000 militants encartés du parti : "ce n'est pas encore gagné", souligne Daniel Cohn-Bendit, qui émet aussi quelques réserves sur l'accord en lui-même.

Entendu sur europe1 :
On n'est pas si loin de ce qu'on comprend de la ligne Macron

"Un durcissement de sa position sur les réfugiés". "Sur l'Europe, l'accord va au-delà de ce que je pouvais espérer", se réjouit-il d'abord. "Après, ce qui est écrit sur le papier n'est pas toujours réalisé", note l'ex-député européen, qui observe par ailleurs "un durcissement de la position d'Angela Merkel sur les réfugiés qui est assez néfaste". Principal thème de discorde entre les partis dans un pays où l'extrême droite a fortement progressé aux dernières élections, les propositions de l'accord paraissent sur ce point-là favorables aux conservateurs.

Ces derniers ont imposé de fixer une limite - chère au parti allié bavarois CSU - au nombre de demandeurs d'asile arrivant annuellement dans le pays, entre 180.000 et 220.000. Le regroupement familial, actuellement suspendu jusqu'à fin mars, va certes pouvoir reprendre comme l'exigeait le SPD. Mais les conservateurs ont obtenu l'instauration d'une limitation à 1.000 personnes pouvant prétendre à ce dispositif chaque mois. "Elle se déporte sur la droite. On n'est pas si loin de ce qu'on comprend de la ligne Macron", remarque encore Daniel Cohn-Bendit, qui avoue être "un peu dubitatif sur ce qui est en train de se passer".

Entendu sur europe1 :
Je crois qu'à mi-mandat, c'est bien possible qu'elle se retire

"Elle est quand même assez fatiguée". Reste à valider l'accord donc. Et à tenir quatre ans. Là encore, c'est loin d'être gagné, estime le chroniqueur. "Elle est quand même assez fatiguée. Cela fait douze ans qu'elle est au pouvoir…". Et Daniel Cohn-Bendit de se laisser aller à un pronostic : "Je crois qu'à mi-mandat, c'est bien possible qu'elle se retire pour laisser sa place à quelqu'un d'autre".