Trois enregistrements diffusés par la presse espagnole éclairent les circonstances de la catastrophe ferroviaire d'Urda, qui a fait 69 morts. Ils laissent apparaître un ordre erroné du centre de contrôle, alors que le protocole impose une vitesse très réduite en cas de panne de signalisation.
La catastrophe ferroviaire d'Urda, en Espagne, a fait 69 morts selon un nouveau bilan, et le pays a entamé trois jours de deuil national. L'enquête avance vite. Trois enregistrements diffusés par plusieurs médias espagnols, dont le quotidien El País, montrent des échanges entre les conducteurs des deux trains et le centre de contrôle, et confirment le scénario d'une erreur humaine.
Mercredi matin, vers 8h30, deux trains à grande vitesse, celui d'Iryo en tête et celui de la Renfe derrière, sont à l'arrêt sur la même voie après une panne du système de signalisation, à 25 kilomètres l'un de l'autre.
Dans les enregistrements, on entend le centre de contrôle ordonner aux conducteurs de reprendre la "navigation normale". Autrement dit, une vitesse normale, ce qui constitue une erreur majeure. En cas de panne de signalisation, le protocole de sécurité impose une vitesse maximale de 40 km/h pour éviter une collision.
"Je n'arrive pas à redémarrer, je suis toujours à l'arrêt"
Le train de la Renfe repart alors à plus de 130 km/h. Sept minutes plus tard, la conductrice du premier train indique : "je n'arrive pas à redémarrer, je suis toujours à l'arrêt". Cet appel ne change rien. Personne ne prévient le second train, qui se dirige droit vers le premier, à l'arrêt.
Un dernier enregistrement fait entendre la confusion au centre de contrôle, quand les opérateurs se rendent compte de leur erreur, trop tard. Vingt-trois minutes se sont pourtant écoulées entre la panne et la collision. "Ils avaient largement le temps de rectifier leur erreur", souligne le ministre espagnol des Transports.