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40 ans de la catastrophe de Tchernobyl : dans quel état se trouve l'«Arche», installée en 2016 ?

Dans quel état se trouve l'arche de Tchernobyl ? [Sergei SUPINSKY / AFP]

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, situé à 130 km de Kiev, explosait, laissant échapper des quantités jamais vues de matières radioactives. Une arche a été installée au-dessus de la centrale en 2016 et devait durer 100 ans. Mais la guerre en Ukraine l'a endommagé, posant ainsi des questions sur sa capacité à assurer sa fonction. 

La pire catastrophe nucléaire de l'Histoire est encore au cœur des préoccupations de nombreuses personnes en Ukraine. Située à 130 km de Kiev, la centrale nucléaire de Tchernobyl a vu son réacteur 4 exploser dans la nuit du 26 avril 1986, projetant dans les airs une quantité folle de matières radioactives. 

Six mois après la catastrophe, un premier sarcophage a été construit au-dessus du réacteur éventré. Ce dernier avait pour objectif de stopper les rejets atmosphériques, de protéger les autres réacteurs qui ont continué de fonctionner (dont l'un jusqu'à l'an 2000), mais aussi de protéger les sols. 

Une arche de 36.000 tonnes avec une durée de vie de 100 ans

Construit à la hâte et reposant sur des murs qui ont été fragilisés par les explosions, ce premier sarcophage ne pouvait durer trop longtemps. Les radiations endommagent rapidement les matériaux utilisés. Il apparaît donc indispensable de construire un nouveau sarcophage qui serait plus résistant. 

En 2007, "Novarka", un consortium qui réunit Vinci Construction et Bouygues Travaux Publics, remporte l'appel d'offres pour construire un nouveau sarcophage qui sera appelé "l'Arche de Tchernobyl". 

La construction démarre en octobre 2007. Cette arche fait 110 mètres de hauteur, 162 mètres de largeur, 257 mètres de portée, pour un poids total de 36.000 tonnes. 10.000 ouvriers ont travaillé sur cette structure titanesque. Pour parcourir les près de 330 mètres de sa zone de construction au réacteur, 15 jours ont été nécessaire (du 14 novembre au 29 novembre 2016), soit une vitesse d'un centimètre par minute. 

Elle est composée d'une couche interne en inox, au milieu il y a un vide d'environ 12 mètres et une couche externe composée de polycarbonate et d'inox. Elle peut résister à des températures qui vont de -43°C à +45°C, à des séismes mais aussi aux plus puissantes tornades. Un système de contrôle de l'humidité a été installé pour protéger la structure de la condensation. 

Ainsi, elle a une durée de vie estimée à 100 ans. Son étanchéité doit permettre d'empêcher la fuite d'éléments radioactifs, et de permettre aux ingénieurs de pouvoir démonter l'ancienne structure pour à terme atteindre le cœur du réacteur et extraire le combustible nucléaire. Mais le contexte géopolitique met en danger ces objectifs. 

L'arche n'est plus étanche et pourrait laisser filtrer des éléments radioactifs 

En février 2022, la guerre a éclaté en Ukraine. La communauté scientifique s'est inquiétée pour l'intégrité de ce nouveau sarcophage qui a coûté au total plus de 2,1 milliards d'euros. Une facture qui a été payée par 45 pays, dont la France. 

En février 2025, un drone russe a percuté l'arche, la perforant. Une brèche d'environ 15 mètres carrés a été constatée sur le toit. En décembre 2025, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que la structure ne garantissait plus une capacité de confinement pleinement opérationnelle. 

Pour le moment, aucune hausse de radiation n'a été constatée dans la zone. Mais le 14 avril dernier, Greenpeace a donné l'alerte sur le risque d'un effondrement incontrôlé du premier sarcophage. L'arche devait permettre le démantèlement de l'ancienne structure, mais les combats en Ukraine l'ont stoppé. 

Encore aujourd'hui, 200 tonnes de matériaux nucléaires radioactifs sont toujours dans la centrale de Tchernobyl. En cas d'effondrement du premier sarcophage, l'état actuel de l'arche pourrait laisser filtrer des matières radioactives dans l'air. Le coût des réparations est estimé à 500 millions d'euros, a déclaré le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot en mars dernier.