Dans le Loiret, la vente aux enchères d'un trésor archéologique gaulois fait polémique

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Ce trésor gaulois, découvert dans le Loiret, sera mis aux enchères samedi après-midi.
Ce trésor gaulois, découvert dans le Loiret, sera mis aux enchères samedi après-midi. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Voilà sept ans qu'archéologues, musées, commissaires priseurs et couple d'agriculteurs se livrent un bras de fer autour d'objets vieux de 2.600 ans.

Tout commence en 2012, lorsque deux chercheurs de trésors entendent parler des ruines d'une villa gallo-romaine, à mi-chemin entre Blois et Orléans, dans le Loiret. Et tout finira peut-être samedi après-midi, lors d'une vente aux enchères au château de Meung-sur-Loire. Entre les deux, se sont écoulées sept années de polémiques et de batailles juridiques pour savoir à qui appartiennent les objets vieux de 2.600 ans trouvés dans le champs d'un couple de fermiers.

65 objets découverts. En 2012, ce couple à la retraite, domicilié à Tavers, avait donné son accord aux chercheurs de trésors pour fouiller chez eux. Armés de détecteurs de métaux, les deux apprentis Indiana Jones avaient déterré 65 objets : des colliers, des bracelets, des alliages de cuivre et de fer datant du 6e siècle avant notre ère. Mais les musées et les archéologues ont alors cherché à récupérer le trésor. Selon la presse locale, le couple d'agriculteurs a refusé une première offre et contacté un commissaire-priseur pour organiser une vente aux enchères, n'en déplaise aux défenseurs du patrimoine.

Une plainte pour destruction de site archéologique. "Comme ce sont des chercheurs de trésors qui ont déterré et escamoté [les objets], on perd toute information scientifique sur leur contexte direct", regrette Jean-David Desforges. Ce membre d'une association qui milite contre le pillage historique a porté plainte pour destruction de site archéologique. Et fait valoir que la préfecture n'a jamais autorisé cette fouille. En face, le commissaire-priseur parle, lui, d'une campagne de dénigrements. Et a également porté plainte pour "menaces répétées de troubles à l'ordre public". La vente aura tout de même lieu samedi après-midi. Mise à prix : 50.000 euros. 

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