La guerre au Moyen-Orient pourrait peser sur l’immobilier en France en entraînant une légère hausse des taux. Malgré ce contexte, le marché reste dynamique, porté par l’intérêt des Français pour la propriété, assure Baptiste Capron, directeur général de SeLoger.
La guerre au Moyen-Orient a-t-elle un impact sur l’immobilier en France ? Selon le directeur général de SeLoger, Baptiste Capron, invité de La France Bouge, "les Français adorent l’immobilier et 85 % d’entre eux veulent être propriétaires". "Il y en a même 27 % qui se projettent à court et moyen terme", ajoute-t-il au micro d’Europe 1.
Le patron du groupe précise que "le marché s’améliore, avec +12 % l’année dernière". "On est un peu en dessous d’un million de transactions. Cela peut paraître peu au regard des cinq dernières années, mais depuis le début du siècle, on reste dans le top 5. Donc ce n’est pas mal", assure Baptiste Capron.
0,2 à 0,3 %
Pour lui, la tendance reste positive puisque le marché, malgré ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, avait aussi repris au premier trimestre. Mais quel est l’impact de ce conflit sur l’immobilier en France ? Concernant la guerre en Iran, "les taux vont légèrement remonter".
"C’est de l’ordre de 0,2 à 0,3 %. Pour un Français, en termes de pouvoir d’achat sur un prêt de 200.000 euros, cela représente environ 13.000 euros supplémentaires sur 25 ans", précise-t-il.
Les Français ont "été mal habitués à l’argent gratuit"
Comment expliquer cette hausse des taux ? "La situation internationale entraîne un renchérissement des matières premières. De nombreux facteurs macroéconomiques font évoluer les conditions d’emprunt des banques", souligne Baptiste Capron.
En revanche, il insiste sur le fait que les Français ont "la chance d’être en France". "Sur l’immobilier, les banques utilisent le crédit comme un produit d’appel. Une banque recrute des clients via le crédit, et le vend parfois même à perte. Contrairement à nos voisins, lorsque la situation macroéconomique se détériore, comme aujourd’hui, le crédit reste relativement peu cher", explique-t-il.
À titre d’exemple, le patron de SeLoger rappelle que "le taux d’emprunt lors du premier choc pétrolier était de l’ordre de 14 %". "Les prix de l’immobilier étaient certes plus bas, mais aujourd’hui, on est autour de 3,5 %, soit des conditions d’emprunt acceptables", rassure-t-il. Selon lui, après des années autour de 0,25 %, les Français ont "été mal habitués à l’argent gratuit".