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Immobilier : le crédit à taux fixe, spécificité française, va-t-il bientôt disparaître ?

[Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le secteur immobilier français, déjà en situation de crise, devrait connaitre une nouvelle transformation, cette fois-ci sur un plan bancaire. Le crédit à taux fixe, spécificité française, pourrait changer radicalement dans quelques années. En cause : de nouvelles normes européennes pour améliorer la solidité des banques en cas de crise économique.

C'est une particularité française qui pourrait bientôt disparaître de nos banques. Actuellement, les Français achetant un bien immobilier empruntent à près de 99% des cas à un taux fixe. 

Pourtant, cela pourrait bientôt disparaitre, dans le cadre de l'accord de Bâle III, qui vise à renforcer la solidité du secteur bancaire. Actuellement, avec les crédits à taux fixe, seule la banque assume le risque de la remontée du taux d'intérêt, contrairement à d'autres pays comme le Royaume-Uni ou l'Espagne, où l'acheteur est aussi mis à contribution. 

Cependant, le Comité consultatif du secteur financier souligne la solidité du système français, qui permet de très faibles défauts de paiement sur un encourt total de près de 1.284 milliards d'euros. Le mécanisme a démontrer "sa robustesse", s'est félicité l'organisme il y a quelques semaines. 

Des crédits plus chers dans le futur ?

Mais les règles européennes vont en décider autrement. Dans le cadre des accords de Bâle, qui doivent entrer en vigueur d'ici 2032, les banques vont être contraintes d'immobiliser plus de fonds pour couvrir le risque des prêts immobiliers à taux fixe. 

Car les règles ne porteront plus uniquement sur le risque de défaut de paiement du client, mais aussi sur le risque portée par la banque. Or, un taux fixe fait peser plus de risques pour la banque en cas de remontée des taux. 

Conséquence, les crédits pourraient être plus chers dans l'avenir et l'offre de taux variable pourrait augmenter. A moins que la Commission européenne ne change d'avis avant la date butoir, fixée dans 6 ans.